Introduction du dossier thématique « La géopolitique du Sport » du numéro 22e du Coup d’Œil de l’AMRI. Elle a été rédigée par Laura Degrange.
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Alors que Paris accueille cette année-là 33 e édition des Jeux Olympiques, fort est de constater l’engouement autour de cette compétition. La cérémonie d’ouverture a conquis une grande majorité de Français et a reçu un accueil chaleureux par la presse étrangère, qui s’émerveille aujourd’hui des sites créés pour l’occasion. Aménagement des jardins du château de Versailles pour accueillir l’équitation, matchs de beach-volley sous la tour Eiffel, épreuves d’escrime au Grand Palais… tout a été pensé pour en mettre plein la vue. De fait, l’événement n’est pas seulement une grande rencontre sportive. Il participe aussi au rayonnement de la France, à sa grandeur, et permet de montrer aux yeux du monde entier qu’elle est une grande puissance. Au-delà du sport, ces JO sont aussi un argument de puissance, et constituent donc un enjeu géopolitique. 

C’est ce que nous avons voulu aborder dans ce dossier. En effet, que ce soit au travers de compétitions ou de championnats internationaux, le sport a pris une place considérable dans les relations internationales, devenant au cours du temps un puissant levier d’influence et un véritable instrument de soft power. Nous entendrons par « soft power » le concept développé par Joseph Nye, à savoir la capacité d’influence et de persuasion d’un Etat (ou autre) par des moyens non coercitifs (telle que l’influence culturelle par exemple). Aujourd’hui, le sport fait partie intégrante de la stratégie d’influence d’un Etat. L’accueil d’une compétition internationale telle que les JO ou la Coupe du monde de football, permet au pays hôte d’exposer sa puissance et de renforcer son influence à travers le globe. Dans ce dossier que nous consacrons à la géopolitique du sport, nous aborderons trois sujets majeurs. 

Tout d’abord, nous nous pencherons sur le bénéfice que représente l’accueil des Jeux Olympiques pour le pays hôte par rapport à son coût. En effet, ce genre d’évènement sollicite un budget considérable, qui amène à se demander si sa prise en charge est bénéfique à l’économie du pays, ou si au contraire, elle représente un gouffre financier. 

Nous verrons par la suite comment le Qatar utilise le sport comme un outil de soft power, notamment par l’organisation de compétitions internationales et par l’achat de clubs de football. Dans ce secteur, le Qatar est un cas d’école. Consacrant des dépenses faramineuses au développement d’infrastructures sportives, le pays s’appuie sur ce secteur pour diversifier son économie. 

Un dernier article sera consacré à la NBA et à son rôle dans la diffusion et l’influence de la culture américaine. La prestigieuse ligue de basketball peut-elle être considérée comme un instrument de soft power américain ou est-elle un pur produit de la mondialisation ? En relisant son histoire et son développement, nous donnerons quelques pistes de réflexion.

Par Laura Degrange

Liste des articles du dossier thématique « La Géopolitique du Sport » :

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