Conclusion du dossier thématique « L’influence des récits sur la création de l’État d’Israël et ses conséquences sur le conflit israélo-palestinien actuel » publiée dans le 17ᵉ numéro du coup d’Œil de l’AMRI. (novembre 2023). Elle a été rédigée par Lilie Lenoir.
Pour lire le dossier :
- Introduction par Lilie Lenoir
- Partie 1 : Une histoire longue et complexe par Juliette Gribovalle.
- Partie 2 : Une mémoire palestinienne et des répercussions de la création de l’État d’Israël par Nicolas Poussin.
- Partie 3 : Perspectives actuelles et futurs possibles (prospectives et guerre de 2023, tournant géopolitique qui refonde la situation au Moyen-Orient) par Julian Trafial.
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Pour conclure, la question israélo-palestinienne prend racine au sein de la période de l’Antiquité durant laquelle le territoire de la Judée va subir de nombreuses crises passant à la fois par des raids violents et des sièges où la ville de Jérusalem constituait l’épicentre de ces évènements. Ces évènements permettent de mieux saisir les résurgences de l’Histoire dans le conflit actuel opposant la Palestine à Israël.
À la suite de la montée de l’antisémistisme frappant l’Europe, l’idée de la fondation d’un État juif voit le jour au cours de la période contemporaine. Sous l’égide de Théodore Herzl, il voit en la Palestine, un territoire d’accueil des populations juives persécutées et souvent victimes de pogroms. Entre 1908 et 1913, de nombreux établissements juifs voient le jour en Palestine, amorçant ainsi la concrétisation du rêve d’un État juif porté par le mouvement sioniste.
En 1922, la Société des Nations donne à la Grande-Bretagne le mandat d’établir un foyer national juif en Palestine. Cette période est marquée par des émeutes entre juifs et musulmans et une immigration juive importante. En 1936, jusqu’en 1939, éclate « la grande révolte arabe », contre les Britanniques et les Juifs.
Deux décennies plus tard, marquées par des plans de partage infructueux, le 29 novembre 1947, la résolution 181 est adoptée par 33 pays membres de l’ONU, entérinant un plan de division de la Palestine. À Tel-Aviv, le 14 mai 1948, le Conseil national juif proclame l’indépendance de l’État d’Israël. Cette déclaration est officiellement reconnue par Washington et Moscou, ainsi que par de nombreux autres États. La proclamation d’indépendance est lue par David Ben Gourion, le fondateur de l’État d’Israël.
Les multiples conflits opposant forces arabes et l’État d’Israël, entraînent l’abandon de la création d’un État Palestinien ainsi que de nombreux déplacements de population. La prise de position au sein de ce conflit par les acteurs internationaux, lui confère un caractère international qui ne cessera de croître au fil du temps.
De plus, au-delà d’une lutte armée sous fond de conflit territorial, la place du devoir mémoriel est quelque peu reléguée voire oubliée. L’existence de « livres du souvenir » , offrant davantage de détails sur la mémoire palestinienne, questionne la notion de narration prosaïque voire folklorique qui risque de les qualifier. Pourtant, il s’agit davantage d’une mémoire orale qu’écrite concernant celle palestinienne. Même si, cette mémoire est marquée par une dimension orale, l’exil connu par certaines populations palestiniennes représente néanmoins une période propice pour l’écriture d’une histoire militante. Cette dernière, devient quelque peu une révolution à vocation universelle. S’ajoute également à cette question du devoir de mémoire, le rôle de la recherche universitaire, au travers de la naissance de centres de recherches dans lesquels une génération de chercheurs palestiniens et arabes va être formée.
Là encore des heurts entre Palestiniens et Israéliens sont visibles d’un point de vue de la mémoire même si des souffrances communes forgent une mémoire collective. L’importance des termes pour désigner avec précision les évènements au sein de ce conflit est revendiquée, où la sémantique devient un levier d’influence. La multiple qualification d’un même phénomène tend à construire deux perceptions divergentes des évènements entre Palestiniens et Israéliens, soutenus par leurs défenseurs respectifs.
Enfin, ce conflit recompose les dynamiques géopolitiques entre les États du Moyen-Orient. L’émirat du Qatar et son dirigeant Tamim ben Hamad Al Thani se sont imposés comme un véritable médiateur au sein de ce conflit israélo-palestinien. En outre, la trêve d’une durée de quatre jours, proclamée ce vendredi 24 novembre 2023, est l’un des succès de la puissance qatarie. Un accord fut donc trouvé entre les deux partis, souhaitant l’échange d’une cinquantaine d’otages retenus à Gaza contre 150 Palestiniens incarcérés en Israël. L’émirat se félicite de ses capacités à dialoguer avec les acteurs étatiques et non étatiques de ce conflit, questionnant sans cesse la montée en puissance du Qatar au sein des conflits régionaux.
Par LENOIR LILIE
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Bibliographie (intro et ccl) :
Articles de revue scientifique :
2 novembre 1917 – La D Claration Balfour – Herodote.net. (s. d.). https://www.herodote.net/2_novembre_1917-evenement-19171102.php
Articles de presse :
Barthe, B. (2023, 24 novembre). Le Qatar, acteur-clé dans les discussions entre Israël et le Hamas. Le Monde.fr. https://www.lemonde.fr/international/article/2023/11/23/le-qatar-acteur-cle-dans-les-discussions-entre-israel-et-le-hamas_6201869_3210.html
Haddad, S. (2023, 28 octobre). Pour le Hamas, « le déluge d’Al-Aqsa » est en train d’atteindre ses objectifs. L’Orient-Le Jour. https://www.lorientlejour.com/article/1355086/pour-le-hamas-le-deluge-dal-aqsa-est-en-train-datteindre-ses-objectifs.html
Métézeau, F. (2023, 7 novembre). Guerre Israël-Hamas : le 7 octobre, le déluge d’Al Aqsa. Franceinfo. https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/guerre-au-proche-orient/guerre-israel-hamas-le-7-octobre-le-deluge-d-al-aqsa_6169386.html
Le Devoir. (2018, 25 juillet). La grande injustice faite au peuple palestinien. Le Devoir. https://www.ledevoir.com/opinion/idees/533069/la-grande-injustice-faite-au-peuple-palestinien
Sitographie :
Assemblée Nationale. (s. d.). L’affaire Dreyfus – Histoire – Histoire de l’Assemblée nationale – la Troisième République (1870-1940) – Assemblée nationale. https : //www2.assemblee-nationale.fr/decouvrir-l-assemblee/histoire/histoire-de-l-assemblee-nationale/la-troisieme-republique-1870-1940/l-affaire-dreyfus # : ~ : text=Le % 20capitaine % 20Alfred % 20Dreyfus % 20est,activit % C3 % A9s % 20militaires % 20de % 20la % 20France.

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