Article rédigé par Ophélie Calichiama et publié dans le 32e numéro du coup d’Œil de l’AMRI (octobre 2025).
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Aaah, qui n’a donc jamais entendu parler du livre “Ainsi parlait Zarathoustra”, du philosophe allemand Friedrich Zietzsche! Mais qui est donc réellement Zarathoustra ? C’est ce que nous allons découvrir…

Zarathoustra, le fondateur

Le zoroastrisme a été fondé par le prophète Zarathoustra, parfois aussi appelé Zoroastre. Les historiens, à la suite de leurs recherches concernant les premiers zoroastriens et les origines des plus anciens textes, estiment que, s’il a réellement existé, il aurait vécu entre 1500 et le VIIᵉ siècle av J-C. Aujourd’hui, le zoroastrisme est considéré comme la première religion véritablement monothéiste. C’est-à-dire la première à enseigner qu’il n’existe qu’un seul dieu unique, Ahura Mazda, créateur du monde et incarnation du Bien. L’on considère que cette religion, très ancienne, a influencé les trois religions monothéistes qui ont actuellement le plus de pratiquants: le judaïsme, le christianisme ainsi que l’islam. Il ne faut pas oublier que Cyrus le Grand, fondateur de l’Empire perse, était zoroastrien, mais est également à l’origine de la fin de leur exil à Babylone: après près de cinquante années d’exil, il permet aux Juifs de rentrer chez eux, et de reconstruire leur temple ainsi que leur ville, la belle Jérusalem. Cyrus ne leur impose pas sa religion, mais ils ont peut-être été influencés. (Stausberg)

Zoroastriens :  Entre Iran…

Ainsi, les Achéménides étaient zoroastriens. Cette religion qui perdura sous les dynasties suivantes : les Séleucides, les Parthes puis les Sassanides. Cependant, au VIIᵉ siècle, une nouvelle foi émerge : l’islam. Après la mort de son prophète Mahomet, les Arabes entament une série de conquêtes destinées à propager cette religion, atteignant rapidement les frontières de la Perse. Face à cette expansion, une partie des Perses choisit de fuir par la mer, tandis que ceux restés sur place sont contraints, pour la plupart, de se convertir à l’islam. Néanmoins, une minorité demeure fidèle à l’enseignement de Zoroastre et se réfugie dans des régions reculées. La ville de Yazd devient alors le principal centre du zoroastrisme, où cette tradition millénaire survit encore aujourd’hui.

Aujourd’hui, les zoroastriens constituent, aux côtés des chrétiens et des juifs, l’une des trois minorités religieuses officiellement reconnues par la République islamique d’Iran. Leur communauté compte environ 250 000 membres. Bien que numériquement réduits, ils disposent d’un représentant au Parlement iranien, privilège dont ne bénéficient pas les musulmans sunnites, pourtant estimés à environ 15 % de la population.

…et Inde

Les zoroastriens qui fuirent la Perse par la mer, redoutant l’avancée des armées arabes, trouvèrent également refuge en Inde, où ils furent accueillis favorablement. Leurs descendants sont connus sous le nom de Parsis, terme dérivé de leur origine perse.

Au fil des siècles, certains d’entre eux se sont distingués par leur influence et leur réussite. Parmi les plus célèbres figurent Jamsetji Tata, fondateur du groupe industriel Tata Motors, qui racheta notamment Jaguar aux Britanniques, un symbole fort à l’égard de l’ancienne puissance coloniale.Un autre Parsi mondialement connu est Freddie Mercury (de son vrai nom Farrokh Bulsara), chanteur et pianiste du groupe Queen. Bien qu’il ne fût pas particulièrement pratiquant, il appartenait à la communauté zoroastrienne.

Croyances et pratiques zoroastriennes : 

Dans le zoroastrisme, Ahura Mazda est considéré comme le créateur de l’univers, de la Terre et des hommes. Il représente l’unique divinité suprême, source de tout bien et de toute vérité, ce qui fait du zoroastrisme une religion pleinement monothéiste. Le mal, quant à lui, n’est pas une force indépendante, mais l’absence du bien ou de la pensée juste. Dans cette logique, Angra Mainyu ne désigne pas un dieu du mal, mais symbolise le mal intérieur, celui qui naît dans l’esprit humain et empêche l’homme d’agir justement.

Le zoroastrisme reconnaît également l’existence des Amesha Spenta, six entités spirituelles, qui incarnent les vertus essentielles :

  • Vohu Manah, la justesse 
  • Asha Vahishta, la pensée juste
  • Xshathra Vairya, la maîtrise de soi 
  • Spenta Armaiti, la sérénité 
  • Haurvatat, l’évolution vers la perfection 
  • Ameretat, l’immortalité

Ces forces, au nombre de six, ont pour but de guider l’homme vers le salut et la perfection spirituelle, mais doivent être atteintes progressivement, chacun préparant l’acquisition du suivant : on ne peut parvenir à la maîtrise de soi sans avoir d’abord acquis la justesse et la pensée juste. (Richer)

Durant la période préislamique, les magus (ou prêtres zoroastriens) étaient chargés d’accomplir les sacrifices. Les jeunes garçons destinés à cette fonction apprenaient par cœur, de manière orale, les textes sacrés dont ils auraient besoin une fois ordonnés. Par souci de pureté, cette ordination avait lieu avant la puberté. De nos jours en Iran, chaque prêtre est au service de sa localité et seuls les adultes sont ordonnés prêtres. Cependant, cette fonction est devenue secondaire et n’est plus une activité à plein temps. 

En revanche, en Inde, la prêtrise reste un véritable métier : les prêtres y subissent une seconde ordination et reçoivent le titre de mobed. Certains, plus haut placés dans la hiérarchie, portent le titre honorifique de dastur. Ce sont notamment eux qui célèbrent les mariages. 

Les zoroastriens ont parfois été qualifiés « d’adorateurs du feu ». Il est vrai que dans les temples se trouve une chambre du feu dans laquelle les rayons du soleil ne doivent pas pénétrer. Après un rituel, le feu devient sacré. Il est alors considéré comme une « personne » et ne doit pas fusionner avec d’autres feux. Par ailleurs, certains fidèles entretiennent d’ailleurs un feu chez eux, en Iran comme en Inde. (Stausberg, 2022)

L’un des symboles les plus emblématiques du zoroastrisme reste le faravahar : un oiseau ailé à tête humaine. Ses trois rangées d’ailes rappellent le principe moral fondamental de la foi que tout zoroastrien se doit de suivre : « bonnes pensées, bonnes paroles, bonnes actions ». Le disque solaire placé en son centre symbolise, quant à lui, l’immortalité de l’âme et celle de l’univers.

Le zoroastrisme célèbre plusieurs festivités importantes, dont certaines sont encore observées aujourd’hui en Iran et en Inde.

  • Nowrouz, le Nouvel An zoroastrien, correspond à l’équinoxe de printemps. Il marque le renouveau de la nature et se fête en famille autour d’un repas, précédé d’un grand nettoyage symbolique des maisons.
  • Djashn-e Sadeh, célébré cent jours avant Nowrouz, est la fête du feu. Les participants se rassemblent autour d’un immense brasier allumé en l’honneur de la lumière et du triomphe du bien sur le mal.
  • Tirgan (ou Tir), quant à elle, est une fête de l’eau au cours de laquelle les gens s’aspergent mutuellement, symbole de purification et de fertilité.

Pour une approche plus ludique et accessible de cette culture, Ophélie Calichiama vous recommande la bande dessinée incontournable Ainsi se tut Zarathoustra de Nicolas Wild.

Par Ophélie Calichiama

Bibliographie

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