Article rédigé par Clémence DENIS et publié dans le 32e numéro du coup d’Œil de l’AMRI (octobre 2025).
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Les événements du 7 octobre 2023 marquent une nouvelle fracture au sein du conflit israélo-palestinien, mais plus globalement dans la géopolitique de l’ensemble du Moyen-Orient. En effet, les attentats qui y eurent lieu ont fourni à Israël le casus belli qu’elle attendait pour enfin mettre en place l’aboutissement de la vision sioniste: la reconquête complète de la Terre Promise par Dieu à Abraham par le peuple élu. Ceci implique que la guerre menée depuis le 7 octobre n’est pas un conflit à différencier de ceux qui eurent lieu au XXe siècle entre Israël et les différents États arabes, mais s’inscrit bien dans une continuité de tensions et d’escalades.
Impérialisme à l’origine de la poudrière
Afin de mieux appréhender le conflit israélo-palestinien, il s’agit de comprendre la pensée majoritaire qui dirige aujourd’hui l’État d’Israël : le sionisme, qui s’inscrit à la fois dans un cadre politique et géographique : la Palestine. La terre promise par Dieu à Abraham, père fondateur des trois religions monothéistes. Le Sionisme, mouvement politique fondé à la fin du XIXe siècle, apparaît sous la plume de Théodore Herzl, écrivain, austro-hongrois juif qui théorise un nationalisme juif. Un nationalisme corrélant avec la montée du concept d’État-nation, alors présent en Europe. La volonté de créer un État juif, telle que présentée dans son ouvrage L’État des Juifs, découle du profond sentiment de rejet ressenti face à l’antisémitisme généralisé en Europe, qui s’est manifesté par de violentes persécutions, notamment les pogroms.
D’une autre part, à la fin du XIXᵉ siècle, la Palestine incarne une province de l’Empire Ottoman. Si cette terre est revendiquée pour être le potentiel futur foyer national juif, elle n’abrite en réalité que 5 % de Juifs en 1880. Dans le cadre de la Première Guerre mondiale, l’Empire Ottoman entre en guerre avec l’Entente. Dès 1916, les forces impérialistes imposent une volonté de partage de l’empire Ottoman par le biais de l’accord Sykes Picot dans lequel la Palestine se retrouve partagée. Dans une manœuvre stratégique, les Britanniques fomentent en parallèle la Déclaration de Balfour, stipulant que la restitution de la terre promise serait restituée aux Juifs. En échec militaire au sein de l’Empire Ottoman, les Britanniques s’attèlent également à donner aux minorités arabes un État, les poussant ainsi à se soulever contre l’autorité de l’Empire Ottoman. À la fin du conflit en 1918, lors de la chute de l’Empire Ottoman, le Royaume-Uni se voit alors octroyer un mandat par la SDN, promouvant progressivement les migrations juives vers la Palestine. Émigration accélérée indépendamment de la mainmise britannique suite à l’Holocauste.
Contrairement aux idées reçues, bien qu’encore flou, un nationalisme palestinien se dessine dès le XXᵉ siècle au travers d’un refus clair de la présence d’un mandat britannique et de l’installation d’immigrés juifs par le comité exécutif du congrès palestinien. Divers affrontements s’opèrent entre juifs et arabes, menant à la création de groupes paramilitaires tels que la Haganah, ancêtre du Tsahal, le Stern ou encore l’Irgoun, dans lesquels on retrouve des figures clé de la politique israélienne. Les émigrations massives dues à l’Holocauste ainsi que la volonté de désengagement britannique du territoire poussent la communauté internationale à reprendre la situation en main. Le 29 novembre 1947, le comité spécial de l’ONU est chargé de trouver une solution. Écartant la solution d’un État fédéral unique, le comité opte pour la solution à deux États plaçant Jérusalem sous contrôle international sans le consentement des populations arabes alors qu’il représente la majeure partie de la population. Ainsi, à l’origine des tensions, la communauté internationale se trouve être l’élément déclencheur de la poudrière.
La cause palestinienne : un front arabe uni?
Le 14 mai 1948, dernier jour du mandat britannique, David Ben Gourion prononce la déclaration de la création de l’État de la cause palestinienne : un front arabe uni ?
Israël :« Nous, membres du Conseil National en terre d’Israël en vertu de notre droit naturel et historique, conformément à la résolution des Nations unies, nous proclamons la fondation de l’État juif sur la terre d’Israël ». En réponse, un front arabe envahit le nouvel État : l’Égypte, la Jordanie, l’Irak, la Syrie et le Liban déclarent la guerre à Israël. La première guerre israélo-arabe incarne la Nakba : la catastrophe. Elle incarne le démantèlement de la potentielle construction d’un État palestinien. En effet, Israël annexe 78 % du territoire mandataire palestinien tandis que les 22% restants sont contrôlés par l’Égypte et la Jordanie. La défaite des États arabes semble être due au manque d’organisation de l’armée arabe ainsi qu’aux diverses prétentions des États. En ce sens, la Jordanie souhaitait mandater la Palestine en l’incorporant à son territoire. Les Palestiniens (750 000) sont massivement déplacés vers la bande de Gaza. La Nakba incarne les prémisses de la politique coloniale israélienne: les villages sont détruits, les propriétés confisquées, forçant l’exode palestinien, pourtant contraire à la résolution 181.
Le gouvernement palestinien s’installe à Gaza avec l’aide des Etats arabes. Cependant, celui-ci paraît sous perfusion des pays arabes : la Bande de Gaza sous influence égyptienne et la Cisjordanie sous l’autorité jordanienne. D’autant plus qu’à cette époque, l’Égypte, sous la présidence de Gamal Abdel Nasser, s’impose comme la puissance dominante du Moyen-Orient. En 1956, elle parvient à nationaliser le canal de Suez, un point de passage géostratégique majeur jusque-là placé sous contrôle franco-britannique. Israël, en vue d’affaiblir l’Égypte, s’allie aux puissances franco-britanniques et démontre ses capacités militaires en envahissant rapidement le Sinaï. Cette alliance est précurseur d’un partenariat dans le commerce des armes entre la France et Israël.
L’Égypte instrumentalise la défense palestinienne dans sa volonté d’unifier le front arabe sous son égide, en cohérence avec son projet panarabe, construit autour d’un ennemi commun : Israël. À cette fin, le régime de Nasser met en place une propagande assidue reprenant les codes antisémites nazis, engageant d’anciens nazis, diffusant une idéologie antisémite à la radio ou encore en créant l’institut d’étude du sionisme. En parallèle, elle contribue à la création de l’OLP en 1964, organisant la lutte armée palestinienne, cette organisation reprise en 1969 par Yasser Arafat marque une volonté d’unité palestinienne. Les multiples tensions israélo-arabes mènent à la guerre des Six Jours. En 1967, Nasser souhaite le déplacement des casques bleus placés dans le Sinaï par l’ONU. Israël déclare mener une guerre préventive et avec l’aval des États-Unis, lance une opération militaire neutralisant les forces aériennes égyptiennes. L’État hébreu constitue à cette occasion une conséquente expansion territoriale, récupérant ainsi l’intégralité de la Palestine mandataire, Jérusalem-Est, le Sinaï égyptien et le plateau du Golan.
Neuf pays du front arabe s’unissent pour la signature de Khartoum, refusant la paix, la négociation ainsi que la reconnaissance de l’État hébreu. Les Palestiniens sont de plus en plus dissociés des volontés des États arabes. Dans une dernière tentative, les forces arabes se lient contre Israël lors de la guerre du Kippour en 1973, mais les forces armées égyptiennes et syriennes ne parviennent pas à récupérer les territoires perdus. Le choc pétrolier déclenché la même année par les membres de l’OPEP semble une nouvelle fois avoir des conséquences désastreuses. L’année 1973 symbolise la défaite arabe et l’abandon du combat armé étatique face à Israël, qui a prouvé sa supériorité militaire écrasante dans la région, à laquelle s’ajoute le soutien des États-Unis. Ainsi, les États arabes semblent progressivement normaliser leurs relations avec Israël. En 1978 l’Égypte signe l’accord de Camp David avec la puissance israélienne, s’inclinant face à l’État hébreu.
Les nouvelles dynamiques du conflit : groupes paramilitaires et politiques de colonisation
À partir de la fin des années 1960, le conflit israélo-palestinien connaît un véritable changement de paradigme. La guerre du Kippour signe la résignation des États arabes à pouvoir lutter dans le cadre de conflits conventionnels avec Israël. La lutte palestinienne se transforme peu à peu en combat mené par des groupes paramilitaires. À la tête du mouvement, Yasser Arafat devient une figure majeure de la lutte politique palestinienne, ôte l’OLP de l’influence égyptienne. Yasser arafat est à l’origine de la création du Fatah, parti nationaliste palestinien qui s’impose au sein de la nébuleuse de mouvements armés qui composent d’abord l’OLP. L’une des affaires controversées semble être l’implication du groupe Septembre noir lors de l’attentat des Jeux olympiques de Munich. Ce mouvement entretient des relations ambiguës avec le Fatah, né du septembre noir jordanien, soit de la répression du roi jordanien sur les organisations palestiniennes en 1970. Les déplacements palestiniens axés sur le Liban à partir de 1970 ouvrent également un nouvel axe de violence, et poussent plus tard Israël à envahir le Liban, provoquant la création du Hezbollah en 1982. Les Jeux olympiques de Munich associent les revendications palestiniennes à un engrenage de violence terroriste. L’OLP, dans une volonté de devenir le représentant légitime du peuple palestinien, se détache de l’implication de ses groupes.
En Israël, 1977 symbolise l’arrivée au pouvoir de la droite, marquant un tournant majeur dans la gestion du conflit israélo-arabe. Le grignotage de territoires cisjordaniens est intensifié par la politique coloniale des 100 000 colons afin d’empêcher la création d’un État palestinien viable. La colonisation est alors justifiée par un discours religieux messianique instauré par le rabbin Abraham Kook, influence le sionisme en affirmant que la fin de l’Exil juif passe par la reconstitution d’une vie juive en terre de Palestine, admettant donc le sionisme comme l’outil de Dieu donné au peuple élu. Ce courant de pensée influence les mécanismes politiques israéliens dans la mise en place d’un Grand Israël. En parallèle, l’influence des Frères musulmans, mouvement islamique, donne naissance au Hamas, considéré comme le premier noyau au Moyen-Orient d’une tendance s’inspirant d’une vision politique de l’islam. Les Frères musulmans souhaitent islamiser la société afin de faciliter la mise en place d’un État islamique. Si à l’origine le mouvement suit sa doctrine mère égyptienne, celui-ci connaît la création d’une nouvelle branche lors de la première Intifada en décembre 1987, puisant dans le soulèvement populaire afin de lutter face à l’occupation israélienne, le Hamas dit « mouvement de résistance islamique » branche armée organisée en tant qu’organisation annexe, apporte un nouveau vecteur d’émancipation dans la lutte palestinienne, mais divise également le champ, s’opposant à l’OLP.
Cette logique expansionniste est remise en cause au début des années 1990, dans une tentative de processus de paix lors des accords d’Oslo négociés par les parties israélo-palestinien plus modérées, incarnées par Yitzhak Rabin et Yasser Arafat. Pour la première fois, Israël reconnaît l’OLP comme interlocuteur, et l’OLP reconnaît en retour l’existence de l’État hébreu. Ce processus de paix suscite cependant de fortes oppositions : du côté israélien, la droite de Benyamin Nétanyahou accuse Rabin d’être un « traître au sionisme et au judaïsme » et lance une campagne ciblée sur sa destitution ; du côté palestinien, le Hamas, jeune mouvement de résistance islamiste, rejette tout compromis avec Israël qui, selon lui, trahit les droits élémentaires du droit islamique. L’accord prend brutalement fin en 1995, lorsque Rabin est assassiné par un extrémiste juif, permettant l’accès au pouvoir à Benyamin Nétanyahou qui devient Premier ministre dès 1996. Face à l’échec du processus diplomatique, la société palestinienne se divise entre nationalistes laïcs du Fatah et islamistes du Hamas.
Vers une guerre asymétrique : mutation du conflit au Proche-Orient
Autre bouleversement majeur dans la compréhension de la complexité du conflit israélo-arabe, la Révolution islamique iranienne de 1979, qui amène à une reconfiguration des alliances politiques du Moyen-Orient. L’Iran, jusqu’à lors corps étranger à la lutte palestinienne, l’intègre par le biais de la lutte contre le Grand Satan et sa projection régionale : Israël, la cause palestinienne. Téhéran contribue à la création de l’axe de la résistance, influant sur la création du Hezbollah libanais, sur la formation de forces militaires syriennes et en dessine les contours d’un axe de transport d’armes majeur. Cette nébuleuse de mouvements armés incarne la doctrine de la Pieuvre : met en exergue les mutations des conflits au sein d’un monde multipolaire, développant sa stratégie de guerre via plusieurs vecteurs, proxies armés :nouveaux acteurs non étatiques.
La seconde Intifada permet le désengagement unilatéral de l’armée israélienne de la bande de Gaza tout en maintenant l’isolation et le Blocus du territoire. Cette seconde intifada prend place de 2000 à 2005 et troque la jetée de pierre de 1987 pour une série d’attentats suicides et d’attaques sommaires, accentuant l’évolution du conflit et la radicalisation de celui-ci. De plus, la mort de Yasser Arafat en 2004 marque la fin de la recherche d’une solution diplomatique permettant l’implantation politique du Hamas. Dans la lignée de pensée des Frères musulmans, le mouvement souhaite la création d’un État islamique s’imposant ainsi aussi bien dans le domaine religieux, social que militaire. La guerre fratricide entre le Hamas et le Fatah mène à la prise du contrôle de la bande de Gaza par le Hamas par les urnes lors des élections politiques de 2007. Depuis lors, le territoire est administré par le gouvernement islamiste non reconnu, tandis que la Cisjordanie est sous le contrôle de l’Autorité palestinienne incarné par Mahmoud Abbas. Toutefois, si le Hamas lutte pour la destruction totale d’Israël lors de sa création, elle publie un nouveau document politique en 2017 acceptant l’idée d’un État palestinien aux frontières de 1967, sans pour autant reconnaître Israël. Dès 2007, Israël et l’Égypte imposent un blocus sur la bande de Gaza laissant les Gazaouis à la merci de l’aide humanitaire. L’isolation les poussant à se tourner vers le mouvement du Hamas malgré les multiples violations des droits de l’Hommes, arrestations et exécutions sommaires.
Malgré ce contexte de violence, la Palestine obtient en 2012 le statut d’État observateur non membre de l’ONU, une avancée symbolique, mais sans véritable traduction politique. Toutefois, la signature de Khartoum de 1967 nous semble bien éloignée, la politique des « 3 non », à la paix, à la négociation et à la reconnaissance. Il s’agissait d’un engagement pris par neuf pays arabes en 1967 (l’Égypte, la Syrie, la Jordanie, le Liban, l’Irak, le Maroc, l’Algérie, le Koweït, et le Soudan) dont certains tels que le Maroc ont depuis normalisé leurs relations avec l’État hébreu lors de la signature des accords d’Abraham en 2020. Ainsi, Israël a normalisé ses relations avec les Émirats arabes unis, le Bahreïn, ou encore le Maroc. De plus, Israël porte dernièrement son intérêt vers l’intégration de l’État libanais et syrien, ce qui dissoudrait davantage la stratégie iranienne, marginalisant encore davantage la question palestinienne. C’est dans un contexte explosif qu’intervient l’attaque du 7 octobre 2023, baptisée « Déluge d’Al-Aqsa » par le Hamas. Cette attaque suit la lignée d’escalade de violence qui s’abat sur la bande de Gaza depuis le début des années 2000 via la succession de guerres entre 2008 et 2014, mais aussi en 2021. Cette opération militaire provoque la mort de 1200 Israéliens et provoque la prise de 200 otages, marquant de nouveau une fracture dans la possible résolution du conflit israélo-palestinien ainsi qu’un nouveau cycle de violence pour les peuples israéliens et palestiniens.
Par Clémence DENIS
Liste des articles du dossier « Israël-Palestine : un conflit sans fin ? » :
- Introduction du dossier par Houngbedji Edem ZANGBE
- « Retour sur 70 ans de conflictualité » par Clémence Denis
- « Que reste-t-il du Hamas, sinon le chaos ? » par Jade Hin-Cellura
- « Le soutien des États-Unis à Israël, un levier de sa résilience face aux menaces globales » par Élysée Grace Babungu Maya
- Conclusion du dossier par Ndeye Aminata NDIAYE
Bibliographie
Ouvrages :
- Dieckhoff, A. (2022). Israël-Palestine : une guerre sans fin ? : 22 questions décisives (2ᵉ éd.). Paris : Armand Colin. https://doi.org/10.3917/arco.dieck.2022.01
- Tétart, F. (dir.), & Marin, C. (cartogr.). (2024). Le conflit israélo-palestinien sur la scène internationale. Dans Grand Atlas 2025 : Dossier – Israël-Palestine : Conflit régional, enjeu mondial ? (pp. 84–85). Paris : Autrement. https://shs-cairn-info.ezproxy.univ-catholille.fr/grand-atlas-2025–9782080456694-page-84?lang=fr
Articles :
- Chamsin. (s. d.). Doctrine pieuvre. Consulté sur https://chamsin.fr/doctrine-pieuvre
- Fayad, É. (2023). Le conflit israélo-palestinien : une longue histoire d’occasions manquées [Long format]. Courrier International. https://www.courrierinternational.com/long-format/recit-le-conflit-israelo-palestinien-une-longue-histoire-d-occasions-manquees
- Hroub, K. (2009). Aux racines du Hamas : les Frères musulmans. Revue internationale et stratégique, 73(1), 65–74. https://shs.cairn.info/dossiers-2023-59-page-1
- Laurens, H. (2002). Le choc de 1947 : le plan de partage de la Palestine par l’ONU. Esprit. https://esprit.presse.fr/article/henry-laurens/le-choc-de-1947-le-plan-de-partage-de-la-palestine-par-l-onu-8587
- Perspective Monde – Université de Sherbrooke. (s. d.-a). Frères musulmans. Dans Bilan du Monde : dictionnaire historique et politique. Consulté sur https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire/1675
- Perspective Monde – Université de Sherbrooke. (s. d.-b). Hamas. Dans Bilan du Monde : dictionnaire historique et politique. Consulté sur https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire/1441
- Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) – Ministère des Armées. (2021). Axe de la résistance. Paris : Ministère des Armées. https://www.defense.gouv.fr/sites/default/files/dems/axe_de_la_resistance.pdf
Documents audiovisuelles :
- France Inter. (2024). Israël-Palestine : anatomie d’un conflit – Série vidéo (18 épisodes) [Playlist YouTube]. https://www.youtube.com/playlist?list=PL43OynbWaTMJPEgiy4LBhFcHt6p8H4UCw

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