Article rédigé par Anna-Mei LAI et publié dans le 34ᵉ numéro du Coup d’Oeil de l’ARMI.
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L’année 2025 marque une rupture tangible dans l’architecture de sécurité en Asie-Pacifique. Dans ce contexte de fragmentation géopolitique, la Malaisie accueille le 47e sommet de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) à Kuala Lumpur et Putrajaya (capitale administrative du pays depuis 1999). Sous l’égide du Premier ministre Anwar Ibrahim, cette présidence s’articule autour du thème « Inclusion et Durabilité ». Il s’agit pour Kuala Lumpur de réaffirmer la pertinence de l’organisation régionale face aux turbulences économiques et sécuritaires. Le leadership malaisien tente ainsi de préserver la cohésion d’un bloc souvent qualifié de géant économique mais de nain politique.
Ce rendez-vous diplomatique revêt un caractère historique inédit pour l’institution cinquantenaire. Il entérine l’élargissement de l’association à onze membres, suite à l’adhésion officielle de la République démocratique du Timor-Leste en octobre 2025. Cet événement modifie en profondeur la physionomie interne du groupe. Parallèlement, la scène de Kuala Lumpur devient le théâtre d’une confrontation d’influences majeures. La présence simultanée du président américain Donald Trump et du président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva internationalise les débats. L’ASEAN doit désormais naviguer dans un monde où « la géopolitique a pris le pas sur l’économie » (Mahbubani, 2025).
Dès lors, une interrogation centrale émerge de cette configuration diplomatique complexe. Dans quelle mesure ce sommet marque-t-il une rupture stratégique pour l’ASEAN, tiraillée entre sa recomposition interne et les pressions des grandes puissances ? Il s’agit de savoir si l’élargissement renforce l’autonomie du bloc ou s’il dilue sa capacité de décision.

La consolidation interne à l’heure de l’élargissement : l’intégration historique du Timor-Leste
Le 47e sommet de Kuala Lumpur restera gravé dans l’histoire de l’organisation comme le sommet de l’élargissement. L’architecture de l’alliance régionale, fixe depuis l’adhésion du Cambodge en 1999, connaît une évolution majeure. Cette transformation interne impose une redéfinition des équilibres politiques et économiques au sein du bloc sud-est asiatique. L’officialisation de l’adhésion de la République démocratique du Timor-Leste constitue le pivot de cette séquence diplomatique (Secrétariat de l’ASEAN, 2025). Ce processus laborieux a nécessité plus d’une décennie de négociations depuis la demande formelle déposée en 2011. Dili siège désormais en tant que membre de plein droit. Elle dispose d’un pouvoir de décision équivalent à celui de ses partenaires. Cette intégration consacre la légitimité régionale de la jeune nation, indépendante depuis 2002.
L’arrivée de ce onzième acteur modifie la boussole politique de l’association. Le Timor-Leste se distingue par son système démocratique dynamique et sa liberté de la presse. Cette dernière est souvent classée parmi les meilleures d’Asie. L’entrée de Dili injecte « une dose de pluralisme démocratique nécessaire » au sein d’une institution en proie à l’autoritarisme (Seah, 2025). En effet, la voix timoraise pourrait peser sur les débats relatifs aux droits humains. Cependant, cette inclusion représente un défi logistique considérable pour la diplomatie timoraise. Le pays doit désormais participer à plus de mille réunions annuelles et assurer la présidence tournante à l’avenir. Le gouvernement malaisien a déployé une assistance technique importante pour former les cadres de Dili. L’objectif est de garantir une intégration administrative fluide dès les premiers mois de mandat.
Sur le plan économique, l’hétérogénéité du bloc s’accentue avec cet élargissement. La présidence malaisienne a fait de l’Accord-cadre sur l’économie numérique (Digital Economy Framework Agreement) sa priorité absolue. Le Premier ministre Anwar Ibrahim ambitionne de créer un marché numérique unique pour stimuler l’innovation régionale. Ce secteur pourrait générer « deux mille milliards de dollars de valeur ajoutée d’ici 2030 » si les barrières réglementaires sont levées (Banque asiatique de développement, 2025). Toutefois, cette vision futuriste se heurte à la réalité des infrastructures du nouveau membre. L’économie du Timor-Leste dépend encore à près de 90 % de ses revenus pétroliers et gaziers. Le contraste est saisissant avec des pôles technologiques comme Singapour ou Kuala Lumpur. Il existe un risque réel de voir émerger une organisation à deux vitesses. D’un côté se trouvent les nations connectées et industrialisées. De l’autre subsistent des économies en phase de développement primaire. Pour pallier ce risque de fragmentation, les dirigeants ont validé des mécanismes de soutien spécifiques. Il s’agit de fonds de cohésion destinés à moderniser les infrastructures numériques de Dili. L’intégration économique ne sera viable que si elle permet de diversifier l’économie timoraise au-delà des hydrocarbures. La réussite de ce pari conditionne la crédibilité du slogan de la présidence : « Inclusion et Durabilité ».
Enfin, la consolidation interne bute toujours sur l’épineux dossier de la Birmanie. La crise ouverte par le coup d’État militaire de 2021 continue de déstabiliser la région. Le pays est membre de l’ASEAN mais ses représentants politiques (la junte dirigée par le général Min Aung Hlaing) sont exclus des sommets de haut niveau. Une situation géopolitique dans laquelle l’incapacité de l’association à imposer le « Consensus en cinq points » a érodé son autorité morale. L’arrivée du Timor-Leste autour de la table des négociations pourrait durcir le ton à l’égard de la junte militaire. Les dirigeants timorais n’ont jamais caché leur aversion pour le régime de Naypyidaw. Par le passé, le président José Ramos-Horta a déclaré qu’il serait difficile de siéger aux côtés de généraux « qui font la guerre à leur peuple » (Ramos-Horta, 2023). Cette posture de principe risque de compliquer la recherche du consensus. Celle-ci demeure la règle d’or de la prise de décision régionale. Certains États membres, comme la Thaïlande ou le Laos, privilégient une approche plus pragmatique. Le sommet de Kuala Lumpur doit donc gérer cette nouvelle arithmétique diplomatique. Il faut concilier l’intransigeance démocratique du nouveau venu avec la tradition de non-ingérence du groupe. Si l’ASEAN ne parvient pas à résoudre cette contradiction, elle risque la paralysie institutionnelle. Une ASEAN divisée de l’intérieur deviendrait « une proie facile pour les rivalités extérieures » (CSIS, 2025).
Le retour du hard power américain : la doctrine de la sécurité d’abord
La dynamique du 47e sommet se trouve bouleversée par une présence de marque. Le président des États-Unis, Donald Trump, effectue à Kuala Lumpur son grand retour diplomatique en Asie. Sa réélection en novembre 2024 a entraîné une révision profonde de la stratégie américaine dans l’Indo-Pacifique. Elle marque une rupture avec le multilatéralisme traditionnel. L’administration républicaine privilégie désormais des relations bilatérales et transactionnelles avec les partenaires asiatiques. Le président américain ne cache pas son scepticisme envers les institutions multilatérales jugées inefficaces. Il promeut une doctrine claire : la « paix par la force » (peace through strength). Cette approche vise à contrer l’influence de la Chine par une démonstration de puissance militaire (White House, 2025). Ce changement de paradigme oblige l’ASEAN à s’adapter rapidement. Les diplomates américains font pression pour obtenir des engagements sécuritaires concrets plutôt que des déclarations de principe. Donald Trump ne s’intéresse pas à l’architecture diplomatique mais « aux résultats tangibles et immédiats » (Green, 2025). Cette exigence de résultats met sous pression la présidence malaisienne, celle-ci restant attachée au consensus. Washington semble vouloir diviser le bloc pour mieux négocier avec chaque capitale.
Le dossier de la mer de Chine méridionale constitue le point focal de cette stratégie américaine. Les incidents entre garde-côtes chinois et navires philippins se sont intensifiés tout au long de l’année 2025. Donald Trump utilise cette instabilité chronique pour justifier le renforcement de la présence navale américaine. Il promet un soutien indéfectible à Manille et Hanoï face aux revendications territoriales de Pékin. Cette posture rassure certains États membres confrontés à l’agressivité chinoise. Cependant, cette militarisation accrue inquiète les pays fondateurs de la Zone de Paix, de Liberté et de Neutralité (ZOPFAN). La Malaisie et l’Indonésie redoutent une escalade accidentelle dans leurs eaux territoriales. Elles craignent que la région ne devienne un simple champ de bataille pour superpuissances. L’Asie du Sud-Est refuse de devenir « un pion sur l’échiquier géopolitique » (Ministère des Affaires étrangères de la Malaisie, 2025). L’enjeu pour le sommet est d’éviter que ces divergences sécuritaires ne fracturent l’unité politique du groupe.
Au-delà de la sécurité, le volet économique de la relation transpacifique suscite de vives inquiétudes. La politique protectionniste du président américain, résumée par le slogan America First, menace le commerce régional. L’annonce de nouvelles barrières douanières risque de pénaliser les exportations des pays d’Asie du Sud-Est. Ces économies dépendent pourtant largement de l’accès au marché de consommation américain. Par ailleurs, la guerre technologique entre Washington et Pékin place les dix nations dans une position intenable. L’administration Trump exige de ses partenaires l’exclusion des composants chinois des réseaux 5G et des chaînes d’approvisionnement. Cette demande de découplage contredit la volonté d’intégration et de neutralité de l’organisation. Un alignement technologique forcé pourrait coûter « jusqu’à cinq pour cent du produit intérieur brut régional » (Banque mondiale, 2025). Les dirigeants doivent donc manœuvrer avec finesse pour ne froisser aucun des deux géants.
La diplomatie du « Sud Global » : l’alternative brésilienne et environnementale
Face aux pressions sino-américaines, l’ASEAN cherche à diversifier ses alliances stratégiques. La présence du président de la République fédérative du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva, incarne cette volonté. En tant qu’invité d’honneur, il permet à Kuala Lumpur d’ouvrir une nouvelle voie diplomatique tournée vers les puissances émergentes. Il convient d’analyser la portée de ce rapprochement inédit entre l’Amérique latine et l’Asie du Sud-Est.
Le président brésilien se présente à Kuala Lumpur comme le porte-parole informel du « Sud Global ». Brasilia partage avec les capitales asiatiques une volonté commune de réformer la gouvernance mondiale. Les discussions portent sur la nécessité de démocratiser les institutions financières internationales. Il s’agit notamment du Fonds Monétaire International (FMI). Le dialogue transcontinental est indispensable pour « briser l’hégémonie occidentale » (Amorim, 2025). Cette convergence politique se cristallise autour de l’élargissement du groupe BRICS (Acronyme pour Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud. Ce groupe s’est élargi à de nouveaux membres (Égypte, Éthiopie, Iran, Émirats arabes unis) pour former les BRICS+ ). La Malaisie et la Thaïlande ont officiellement exprimé leur intérêt pour rejoindre ce club de nations émergentes. Le soutien explicite de Luiz Inácio Lula da Silva à ces candidatures renforce le poids diplomatique de l’organisation régionale. Cette alliance offre à l’ASEAN une tribune supplémentaire pour peser sur les grands dossiers multilatéraux. Elle permet de sortir d’un tête-à-tête asymétrique avec les superpuissances traditionnelles.
Au-delà de la géopolitique, la coopération environnementale constitue le second pilier de ce partenariat naissant. Le Brésil et les pays d’Asie du Sud-Est abritent les plus vastes réserves de biodiversité tropicale de la planète. Il s’agit de l’Amazonie pour le premier et des forêts de Bornéo ou du Mékong pour les seconds. Les deux parties entendent coordonner leurs positions en vue des conférences climatiques internationales. Le président brésilien propose la création d’un mécanisme commun pour la rémunération des services écosystémiques. Cette « diplomatie forestière » vise à obtenir des financements accrus de la part des pays industrialisés pour la conservation. Une position commune sur le marché du carbone pourrait générer « des milliards de dollars de revenus » (IRASEC, 2025). Cette initiative permet à l’ASEAN de transformer sa vulnérabilité climatique en un levier de négociation puissant.
Enfin, ce rapprochement avec le Brésil sert l’objectif fondamental de l’autonomie stratégique. L’ASEAN refuse de s’enfermer dans une logique de blocs imposée par la rivalité entre Washington et Pékin. En tissant des liens avec une puissance moyenne éloignée géographiquement, l’association dilue les pressions directes et ouvre à une voie au minilatéralisme stratégique pertinent. Elle démontre sa capacité à interagir avec l’ensemble des acteurs du système international. Cette stratégie de diversification permet de multiplier les partenaires commerciaux et politiques. Elle offre une alternative aux investissements chinois et à la protection militaire américaine. Le Premier ministre Anwar Ibrahim résume cette doctrine en affirmant que « notre région doit rester ouverte à tous, sans être soumise à personne » (Ibrahim, 2025). Cette posture de « tierce voie » est essentielle pour maintenir la centralité de l’institution dans l’architecture régionale.
Conclusion
En somme, le 47ème sommet de l’ASEAN à Kuala Lumpur marque un tournant décisif pour l’organisation régionale. L’année 2025 restera celle de l’élargissement historique à onze membres avec l’intégration du Timor-Leste. Cette recomposition interne s’accompagne d’une complexification de l’environnement externe, illustrée par la présence de Donald Trump et de Luiz Inácio Lula da Silva. Ces dynamiques contradictoires mettent à l’épreuve la capacité de résilience du bloc sud-est asiatique.
L’association se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins diplomatiques. Elle doit réussir l’intégration économique de son nouveau membre tout en gérant les fractures sécuritaires en mer de Chine. La réussite de cette présidence malaisienne dépendra de l’habileté des dirigeants à transformer ces défis en opportunités. L’avenir de l’ASEAN réside dans sa capacité à être « un pôle de stabilité dans un monde fragmenté » (Boisseau du Rocher, 2023). Seule une unité sans faille permettra aux onze nations de préserver leur destin commun face à l’appétit des géants.
Par Anna-Mei LAI
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