Article rédigé le 24 janvier 2026 par Julien Durand, étudiant en Master 1, Histoire et Relations Internationales à l’Université Catholique de Lille, et publié dans le 35 numéro du Coup d’Oeil de l’AMRI.
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Le 26 décembre 2025, à l’extrémité de la Corne de l’Afrique, le Somaliland, territoire sécessionniste depuis plus de trente ans, a été reconnu pour la première fois par un État : Israël. Cette décision, loin d’être un simple acte diplomatique, s’inscrit dans un contexte géopolitique complexe, entre rivalités régionales, menaces sur le commerce maritime et enjeux stratégiques autour du golfe d’Aden, du détroit de Bab el-Mandeb et de la mer Rouge. Si cette reconnaissance a provoqué de vives réactions internationales, certains acteurs ont préféré la prudence, révélant l’importance des dynamiques de pouvoir et d’influence dans la région. Cet article se propose d’explorer le Somaliland, d’analyser les motivations stratégiques d’Israël et de faire le point sur une zone où tensions et militarisation font peser de sérieux risques sur l’économie mondiale.

Genèse du Somaliland : de la colonisation à la fracture nord-sud

Comme pour la plupart des conflits géopolitiques modernes, il nous faut revenir à l’ère de la colonisation pour en comprendre les origines. Ainsi, ce territoire, d’environ 300 000 km², est colonisé à la fin du XIXᵉ siècle et est nommé Somaliland par les Britanniques, à une époque où la péninsule somalienne est morcelée entre l’Éthiopie, la France, l’Italie et la Grande-Bretagne (Hoehne, 2010). Cette fragmentation coloniale entraîne des trajectoires contrastées : bien que majoritairement peuplés de Somaliens, les territoires sous administration britannique et italienne connaissent des évolutions sensiblement différentes, en raison de stratégies de colonisation distinctes.

Le Somaliland est ainsi colonisé principalement pour approvisionner la base britannique d’Aden, au Yémen, ce qui limite l’emprise coloniale à la côte. L’intérieur des terres demeure largement hors de contrôle, préservant les structures tribales précoloniales. À l’inverse, la Somalie italienne connaît une colonisation bien plus extensive, marquée par l’instauration d’une administration couvrant l’ensemble du territoire et pensée avant tout au service des colons (Mahmoud, 2023). La différence la plus marquante apparaît dans le domaine de l’éducation, véritable reflet des modes de gouvernance coloniaux. Tandis que les autorités italiennes instaurent un système éducatif généralisé mais de qualité limitée sur l’ensemble du territoire, les Britanniques privilégient un enseignement plus restreint, mais de meilleure qualité, principalement destiné aux enfants des élites locales. Cette divergence a profondément marqué les trajectoires culturelles des deux territoires, introduisant une distinction nette entre des populations qui évoluaient jusque-là dans un espace culturel relativement homogène (Prunier, 1997).

C’est dans ce contexte que s’inscrit la décolonisation des Somalies en 1960. Le 26 juin de cette année-là, le Somaliland accède à l’indépendance avant de choisir, cinq jours plus tard, le 1er juillet 1960, de s’unir à la Somalie italienne pour former la République de Somalie. Rapidement, le Somaliland se trouve marginalisé par le Sud, qui concentre à la fois un poids démographique supérieur et les principaux centres du pouvoir politique et économique, notamment la capitale, Mogadiscio. Les « Sudistes », comme on les désigne alors, dominent la vie politique et économique du pays, reléguant les populations du Nord au second plan (Mahmoud, 2023). 

Le paroxysme de cette crise est atteint avec la guerre de l’Ogaden. En 1969, le général Mohammed Siad Barre s’empare du pouvoir par un coup d’État. À l’instar de nombreux dirigeants autoritaires confrontés à de graves difficultés économiques et sociales, il désigne un ennemi extérieur, l’Éthiopie, afin de mobiliser les sentiments nationalistes. Une offensive est ainsi lancée en 1977, mais rapidement repoussée dès 1978. Cet échec militaire affaiblit considérablement l’autorité de Siad Barre et contribue à faire émerger les conditions de la guerre civile somalienne (Hoehne, 2010).C’est dans ce contexte que le Somaliland relance sa quête d’indépendance avec la création du Somali National Movement (SNM) à Londres en 1981 par des opposants exilés au régime de Siad Barre, membre du clan Isaaq, l’ethnie majoritaire du Somaliland (Prunier, 1997). D’abord établi en Éthiopie, où il est utilisé comme proxy contre la Somalie, le SNM est contraint de quitter le territoire éthiopien à la suite de l’accord de paix conclu entre Addis-Abeba et Mogadiscio en 1988 (Mahmoud, 2023). Il s’engage alors dans une guerre ouverte contre le pouvoir central, aux côtés d’autres mouvements armés d’opposition au régime de Siad Barre. Victorieux de ce conflit, le SNM contribue à la chute du régime en 1991. Alors que ses dirigeants envisageaient initialement une autonomie négociée avec Mogadiscio, la pression populaire les conduit finalement à proclamer unilatéralement l’indépendance du Somaliland le 18 mai 1991 (Bradbury et al., 2003).

Un État de facto : quand le droit international hésite

Malgré des débuts difficiles marqués par des conflits internes, le maintien du système clanique a contribué à stabiliser le Somaliland durant sa première décennie. Alors que le reste de la Somalie avait perdu cet héritage précolonial, ce qui contribua en partie à l’accélération de la guerre civile, les shir, conseils réunissant les chefs de clan, ont favorisé le dialogue, instauré un climat de confiance et permis de préserver la paix au Somaliland (Prunier, 1997).

Cette stabilisation, qui combine démocratie occidentale et système tribal précolonial (Hansen & Bradbury, 2007), ne parvient pas à obtenir une reconnaissance internationale, contrairement à ce qu’il avait brièvement connu en 1960. Ce blocage s’explique par les contradictions du droit international concernant l’indépendance de territoire sécessionniste (Le Gouriellec, 2011).

La Charte des Nations Unies illustre bien ces tensions. L’article 1, paragraphe 2, stipule que l’un des objectifs principaux de l’ONU est de « développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes… » (Nations Unies, 1945), ce qui semble légitimer la sécession du Somaliland et refléter la volonté de son peuple. En revanche, l’article 2, paragraphe 4, précise que « les Membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État… » (Nations Unies, 1945). Cette disposition soutient la position de Mogadiscio et s’oppose à la reconnaissance de l’indépendance du Somaliland par d’autres États. La Constitution de l’Union africaine reproduit un problème similaire, renforçant les obstacles juridiques à la reconnaissance internationale. Dans ce contexte, les arbitrages internationaux privilégient généralement la mise en place de systèmes d’autonomie, qui tentent de concilier, d’une part, la volonté populaire d’indépendance du territoire et, d’autre part, le souhait de l’État « mère » de préserver son intégrité territoriale.

Le Somaliland se retrouve ainsi bloqué par la volonté de la Somalie de ne pas reconnaître son indépendance. Ce phénomène est récurrent en Afrique, où certains territoires déclarant unilatéralement leur indépendance se retrouvent isolés face à la communauté internationale, comme le Katanga ou le Biafra. À l’inverse, certaines sécessions dans la région, comme celles du Soudan du Sud et de l’Érythrée, ont suivi un chemin différent (Adam, 1994). Dans ces cas, l’État « mère », le Soudan ou l’Éthiopie, avait accepté la sécession, formalisée par des traités de paix, suivie d’une reconnaissance internationale et d’une intégration au sein d’organisations telles que l’ONU (Le Gouriellec, 2011). Dans le cas du Somaliland, le refus de Mogadiscio bloque l’indépendance, considérant la république nordiste comme illégitime (International Crisis Group, 2006). Les États hésitent donc à le reconnaître, de peur d’être accusés de violation du droit international ou d’ingérence.

Le Somaliland (voir carte ci-dessous, figure 2), entre ainsi dans une catégorie particulière : celle des États de facto. Il remplit tous les critères définis par la convention de Montevideo (1933), à l’exception de celui concernant les relations diplomatiques officielles avec d’autres États. Fonctionnant comme n’importe quel État, sa légitimité reste toutefois contestée par la majorité de la communauté internationale, car son territoire est revendiqué par un autre État. Cette revendication rend toute reconnaissance potentiellement illégale au regard du droit international. D’autres entités se trouvent également dans cette zone grise de la législation internationale, à l’instar de la République turque de Chypre nord, de la Transnistrie ou encore de Taïwan (Merle, 2022).

 Carte de la situation politique interne actuelle en Somalie (BBC News, 2025).

Israël et le Somaliland : une reconnaissance stratégique au carrefour de la Mer Rouge

La reconnaissance du Somaliland peut avant tout être comprise comme un choix stratégique d’Israël, visant à sécuriser ses routes maritimes d’approvisionnement. Depuis 2023, la montée en puissance des Houthis leur permet d’exercer une influence directe sur le commerce maritime (voir figure 4 ci-dessous). En juillet 2025, les rebelles ont ainsi coulé un cargo accusé d’avoir fait escale dans un port israélien (Roy, 2025). Cette évolution illustre l’intensification de leur capacité de nuisance envers Israël, qui dépasse désormais le simple lancement de roquettes et de missiles pour viser directement les flux commerciaux, véritable nerf de la guerre.

Dans ce contexte, la première motivation avancée pour la reconnaissance soudaine du Somaliland serait l’installation d’une base israélienne au port de Berbera (MEE Staff, 2026). Déjà aménagé par les Émirats arabes unis, alliés d’Israël, ce port stratégique se situe face au Yémen, à l’entrée de la mer Rouge et du golfe d’Aden (Lubotzky, 2025). Une telle base renforcerait le dispositif de sécurité de Tel-Aviv dans la région, qui dispose déjà d’une présence en Érythrée depuis 1990 pour surveiller la mer Rouge (Akram, 2025). Toutefois, les autorités somalilandaises ont contesté ces informations, précisant qu’aucune présence militaire israélienne ne figurait parmi les contreparties de leur reconnaissance (Libération & AFP, 2026).

Le choix du Somaliland peut également s’expliquer par sa proximité avec la cause israélienne et, plus largement, avec le camp occidental, notamment les États-Unis. Le port de Berbera abrite déjà une base et un terminal financés par les Émirats arabes unis, signataires des accords d’Abraham en 2020 et principaux partenaires économiques et militaires de Tel-Aviv dans la région (Chibelushi et al., 2025). L’Éthiopie, également proche d’Israël (Hochet-Bodin, 2024), avait aussi tenté de reconnaître le Somaliland en 2024, mais avait dû reculer sous la pression diplomatique des pays africains et arabes (Le Monde avec AFP, 2024).

Il est ainsi probable qu’Israël et le Somaliland espéraient provoquer un effet domino de reconnaissance internationale, initié par les États-Unis, puis suivi par l’Éthiopie et les Émirats arabes unis (Hochet-Bodin, 2024). Une telle dynamique aurait permis à Israël d’intégrer le Somaliland aux accords d’Abraham, poursuivant un objectif stratégique majeur. Très isolé depuis la guerre à Gaza, Israël s’est tourné vers des accords bilatéraux, utilisant les accords d’Abraham comme levier diplomatique, sous l’égide des États-Unis afin de diversifier ses relations internationales (Hochet-Bodin, 2025). Cette stratégie s’est notamment illustrée avec le Kazakhstan en novembre 2025 (Smolar, 2025).

Enfin, une dernière motivation, bien que peu crédible et démentie par le Somaliland, concernait la déportation de populations palestiniennes de Gaza. Cette hypothèse, soutenue par l’extrême droite israélienne et américaine, aurait été étudiée par le cabinet Boston Consulting Group (BCG) entre 2024 et 2025, également responsable de la Fondation humanitaire de Gaza, soutenue par Israël et les États-Unis (Laurent, 2025). Toutefois, au regard des risques, cette option semble n’avoir été qu’une simple étude de faisabilité.

Réactions internationales : diplomatie et rivalités régionales

L’annonce de la reconnaissance du Somaliland par Israël a déclenché une onde de choc diplomatique à travers le monde, de la Chine à la Russie, en passant par l’Union européenne, l’Union africaine et le monde arabe. Une vague de condamnations et de protestations a accompagné cette décision, illustrant les tensions géopolitiques et les rivalités régionales qu’elle suscite (Chibelushi et al., 2025).

En revanche, les États-Unis, les Émirats arabes unis et l’Éthiopie, partenaires les plus proches d’Israël et du Somaliland, sont restés prudents, observant attentivement l’évolution de la situation avant de prendre position. Lors d’une session d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée au dossier, les États-Unis ont toutefois apporté leur soutien à Israël, affirmant que ce dernier disposait, comme tout État souverain, du droit d’entretenir des relations diplomatiques avec « n’importe quel État souverain » faisant un parallèle avec la situation palestinienne (Le Monde avec AFP, 2025).

La majorité des réactions internationales condamnant Israël constitue un succès diplomatique pour Mogadiscio. La Somalie a su tirer parti de sa position stratégique au bord de l’océan Indien et exploiter les rivalités entre puissances régionales et internationales pour mobiliser la communauté internationale en sa faveur. À l’image des États-Unis, qui, bien qu’ils restent favorables au Somaliland, privilégient la coopération avec Mogadiscio afin de poursuivre la lutte contre les groupes terroristes présents dans le pays (Le Monde avec AFP, 2025).

Parmi ses mesures de riposte, la Somalie a suspendu sa coopération avec les Émirats arabes unis, en réaction à leur soutien au Somaliland et à Israël (Caato & Rickett, 2026), et s’est tournée vers le Qatar pour conclure un nouvel accord de défense (RFI, 2026). Elle parvient ainsi à tirer parti des rivalités régionales, non seulement entre le Qatar et les Émirats, mais aussi entre la Turquie et Israël, accueillant une base militaire turque depuis 2024 (Le Monde avec AFP, 2024).

Cette situation illustre le pouvoir de la diplomatie, même pour un État fragile comme la Somalie, confronté au séparatisme, au terrorisme et à la pauvreté. En tirant parti des rivalités régionales, de sa position géographique et des ambiguïtés du droit international, Mogadiscio parvient à peser sur la géopolitique régionale et mondiale. Il convient également de souligner que la Somalie assure actuellement la présidence tournante du Conseil de sécurité de l’ONU pour le mois de janvier 2026, renforçant encore sa position dans la gestion de cette crise.

Enfin, les Houthis ont également menacé de frapper toute installation militaire israélienne au Somaliland (Ali, 2026), faisant peser le risque d’une escalade militaire sur l’une des routes maritimes les plus fréquentées au monde. En 2023, les rebelles avaient déjà réussi à attaquer une base israélienne en Érythrée (Никитин, 2023), démontrant leur capacité à influer sur la sécurité régionale dans le contexte du Somaliland.

Une région stratégique de plus en plus militarisée : la Mer Rouge en tension

Le détroit de Bab-el-Mandeb, ainsi que la Mer Rouge et le golfe d’Aden, constituent des passages vitaux pour l’économie mondiale, avec le transit de 10 % du commerce mondial de pétrole et de 30 % du trafic conteneurisé (Bouffet, 2023), ainsi que 20 % du trafic Internet mondial (Bouffet, 2025). La région a toujours été perçue comme un carrefour stratégique majeur. Djibouti, petit pays situé au bord du détroit, en est l’exemple le plus visible, abritant des bases militaires de puissances venues des quatre coins du monde, du Japon aux États-Unis, en passant par la France. La dernière installation en date étant la première et seule base militaire permanente chinoise à l’étranger, ouverte en 2017 (Delafoi, 2017/2023).

Toutefois, Djibouti n’est que la partie émergée d’un iceberg plus vaste. À l’échelle régionale, de nombreuses installations militaires sont implantées par des puissances internationales et régionales, comme le montre la carte publiée par le Stockholm International Peace Research Institute (Melvin, 2019), qui illustre l’ampleur des forces étrangères dans la région. Il convient de préciser que cette carte date de 2019 : depuis, la base émiratie de Boosaaso, au Puntland, a été évacuée à la suite de la fin de l’accord de défense entre Abu Dhabi et Mogadiscio, après la reconnaissance du Somaliland par Israël. À l’avenir, la région pourrait également accueillir une présence israélienne à Berbera (Somaliland) et qatarie en Somalie.

Le renforcement militaire dans la région reflète ainsi la dégradation sécuritaire d’une des routes maritimes les plus fréquentées au monde. L’évolution de la menace Houthi depuis 2023 montre que la mer Rouge est désormais un espace où les grandes puissances doivent maintenir une présence permanente (Eylon & Guzansky, 2025). Dans un contexte international de plus en plus marqué par l’unilatéralisme et la multipolarité, s’écartant du droit international, cette route maritime se transforme en véritable poudrière. Elle accueille simultanément des acteurs russes, américains, chinois, européens, turcs et arabes, sans oublier les Houthis, proxy de l’Iran, ce qui crée un risque considérable pour l’économie mondiale en cas d’escalade (Bouvier, 2024).

La reconnaissance du Somaliland par Tel-Aviv apparaît ici comme un simple mouvement tactique parmi d’autres, visant à renforcer sa position dans une région en tension permanente, où s’affrontent puissances rivales et acteurs étatiques ou non étatiques jouant le rôle de proxy, notamment au Yémen, au Soudan et en Somalie (Melvin, 2019). Israël, dans ce contexte, ne fait que déplacer ses pions sur un vaste échiquier stratégique.

Par Julien Durand

Bibliographie

Sources académiques et recherches scientifiques

  • Adam, H. M. (1994). Formation and recognition of new states: Somaliland in contrast to Eritrea. Review of African Political Economy, 21(59), 21–38.
  • Bradbury, M., Abokor, A. Y., & Yusuf, H. A. (2003). Somaliland: Choosing politics over violence. Review of African Political Economy, 30(97), 455–478.
  • Hansen, S. J., & Bradbury, M. (2007). Somaliland: A new democracy in the Horn of Africa? Review of African Political Economy, 34(113), 461–476.
  • Hoehne, M.-V. (2010). L’État « de facto » du Somaliland (R. Botiveau, Trad.). Politique africaine, 120(4), 175–199. https://doi.org/10.3917/polaf.120.0175
  • Le Gouriellec, S. (2011). Trois trajectoires de sécession dans la Corne de l’Afrique : le Somaliland, l’Érythrée, le Soudan du Sud. Sécurité globale, 18(4), 95–106. https://doi.org/10.3917/secug.018.0095
  • Mahmoud, S. (2023). Understanding the secession of Somaliland: History of the formation and failure of the Somali state (1960–1991). AlMuntaqa, 6(1), 8–28. https://www.jstor.org/stable/10.2307/48718092

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Rapports et publications d’instituts de recherche

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