Article rédigé par Pauline LEGENTIL- – SAILLY et publié dans le 35ᵉ numéro du Coup d’œil de l’AMRI.
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Depuis l’élection, pour un second mandat, de Donald Trump, un climat de peur et de doute s’est installé aux États-Unis. Ses promesses électorales sur l’immigration, la gestion des flux migratoires et la surveillance des frontières passent de « sécurité intérieure » à « peur intérieure ». Il s’agit, ici, de faire la différence entre instaurer la paix pour maintenir la sécurité et instaurer la peur pour maintenir l’ordre. La démocratie, cette idée du pouvoir par le peuple, que l’État est gouverné et régit par la Constitution américaine, est mise à l’épreuve du Trumpisme. La mort, publique, de l’influenceur pro-Trump Charlie Kirk en septembre 2025, s’inscrit dans une longue tradition de violence politique aux États-Unis. Celle-ci est reprise par le mouvement Make America Great Again (MAGA) et est instrumentalisée comme un « acte de guerre », décrite par Elon Musk comme « la gauche est le parti du meurtre ». Ce champ lexical de la peur, de la crainte et de la terreur, s’illustre dans une violence et une propagande politique toute tracée par la Maison Blanche. Cet incident exacerbe les tensions et accroît la violence dans les rues et au sein même du camp Républicain. Dans ce cas, Jerome Powell affirme et reconnaît que la Federal Reserve System (FED, dont il est le président) et lui-même étaient et sont la cible de pressions politiques jamais vues. En six mois, pas moins de 150 actes de violences politiques ont été recensés à l’encontre d’élus, pour la très grande majorité Démocrates, à l’image de Melissa Hortman, présidente de la Chambre des représentants du Minnesota ou de l’incendie de la maison de Josh Shapiro, gouverneur de la Pennsylvanie.

La violence et la peur dans un système historique
Pour comprendre cette violence, il faut la concevoir comme historiquement ancrée. D’abord, dans la lutte des droits civiques en 1965 à Selma, dans les différents assassinats politiques en 1963 de Kennedy et 1968 de Luther King ainsi que dans la tentative d’assassinat de Reagan en 1981. Récemment, la démocratie est touchée par une résurgence de la violence physique, témoin de la déferlante de brutalité qui s’abat sur les États-Unis. De fait, la peur, la violence et la propagande étaient, sont et seront toujours des outils efficaces pour fragiliser et manipuler l’opinion publique. Aux États-Unis, ces manoeuvres sont des tactiques qui exploitent les émotions dans l’intérêt de détourner l’attention des dysfonctionnements structurels favorisant Depuis l’élection, pour un second mandat, de Donald Trump, un climat de peur et de doute s’est installé aux États-Unis. Ses promesses électorales sur l’immigration, la gestion des flux migratoires et la surveillance des frontières passent de « sécurité intérieure » à « peur intérieure ». Il s’agit, ici, de faire la différence entre instaurer la paix pour maintenir la sécurité et instaurer la peur pour maintenir l’ordre. La démocratie, cette idée du pouvoir par le peuple, que l’État est gouverné et régit par la Constitution américaine, est mise à l’épreuve du Trumpisme. La mort, publique, de l’influenceur pro-Trump Charlie Kirk en septembre 2025, s’inscrit dans une longue tradition de violence politique aux États-Unis. Celle-ci est reprise par le mouvement Make America Great Again (MAGA) et est instrumentalisée comme un « acte de guerre », décrite par Elon Musk comme « la gauche est le parti du meurtre ». Ce champ lexical de la peur, de la crainte et de la terreur, s’illustre dans une violence et une propagande politique toute tracée par la Maison Blanche. Cet incident exacerbe les tensions et accroît la violence dans les rues et au sein même du camp Républicain. Dans ce cas, Jerome Powell affirme et reconnaît que la Federal Reserve System (FED, dont il est le président) et lui-même étaient et sont la cible de pressions politiques jamais vues. En six mois, pas moins de 150 actes de violences politiques ont été recensés à l’encontre d’élus, pour la très grande majorité Démocrates, à l’image de Melissa Hortman, présidente de la Chambre des représentants du Minnesota ou de l’incendie de la maison de Josh Shapiro, gouverneur de la Pennsylvanie.
La violence et la peur dans un système historique
Pour comprendre cette violence, il faut la concevoir comme historiquement ancrée. D’abord, dans la lutte des droits civiques en 1965 à Selma, dans les différents assassinats politiques en 1963 de Kennedy et 1968 de Luther King ainsi que dans la tentative d’assassinat de Reagan en 1981. Récemment, la démocratie est touchée par une résurgence de la violence physique, témoin de la déferlante de brutalité qui s’abat sur les États-Unis. De fait, la peur, la violence et la propagande étaient, sont et seront toujours des outils efficaces pour fragiliser et manipuler l’opinion publique. Aux États-Unis, ces manoeuvres sont des tactiques qui exploitent les émotions dans l’intérêt de détourner l’attention des dysfonctionnements structurels favorisant une polarisation accrue. Comme tous les partis d’extrême droite dès lors qu’ils tentent de s’imposer au pouvoir, Donald Trump et son administration utilisent l’émotion violente véhiculée par le parti, instaurant l’idée que les populations sont gangrenées, pour faire passer leurs mensonges. L’émotion violence véhiculée ressort par le racisme aux États-Unis, cette idée de désigner comme l’ennemi de la nation toute personne étrangère selon la couleur de peau,l’accent. Comme dans tout État totalitaire/autoritaire ou fasciste, il faut désigner un ennemi à combattre. En visant les étrangers, durant sa campagne, Trump met l’accent sur la sécurité nationale, les viols, les violences, la montée du communautarisme musulman pour raviver une émotion patriotique et nationale. Cette violence et cette mise en place de la peur touchent, au niveau politique, la démocratie puisqu’elles paralysent les élus locaux qui ne peuvent correctement et librement représenter leurs électeurs. Cela se représente par l’absence sur la scène intérieure de grandes voix démocrates en dehors du gouverneur de la Californie Gavin Newsom et du Minnesota, Tim Waltz (Brutamercica, 2026).
Concrètement, sous l’ère politique de Trump, une nouvelle stratégie politique est mise en place, celle du pouvoir par la rivalité. De manière générale, les conséquences de ces pratiques sur la démocratie sont importantes puisqu’elles affaiblissent l’État de droit, entraînent des guerres et accentuent la xénophobie. Depuis la prise de pouvoir de D. Trump en janvier 2025, la démocratie états-unienne est en « berne », elle légitime un contrôle accumulé et divise les populations. Le retour de Trump s’accompagne d’un style de gouvernement ouvertement conflictuel avec une partie des contre-pouvoirs (administration fédérale, médias, justice). Cette vision politique des États-Unis s’illustre dans de nouvelles appellations de l’autoritarisme venant des politologues, où la démocratie n’est pas renversée, elle ne s’effondre pas d’un seul coup mais elle s’érode. Aucun parti n’est détruit réellement et la justice subsiste. Mais, peu à peu un manque d’oxygène se fait ressentir, les contre-pouvoirs s’affaiblissent et finissent par ne devenir qu’une illusion (Los Angeles Times, 2025).
La figure de l’ennemi comme justification de la violence d’État
D’une autre part, l’instauration de la peur passe par la désignation d’un ennemi commun. La mise en place d’idées complotistes, la démesure qui mène à la saturation de l’espace médiatique. Cela s’inscrit dans une stratégie de communication pour tenter d’effacer toute opposition. La diffusion de discours viraux, des mises en scène politiques par les réseaux sociaux, permettent de toucher un maximum de personnes, et alors, de capter un auditoire pluriel. Précisément, ces discours viraux et nombreux dépeignent un exécutif qui s’attribue de plus en plus de pouvoirs et c’est une des tendances qui laisse craindre une escalade vers un État autoritaire. L’administration Trump s’appuie sur des mesures exécutives (décrets présidentiels) pour s’auto-attribuer des pouvoirs. Alors ces pouvoirs, quels sont-ils ? Trump veut contrôler les votes, il limite la liberté d’expression des journalistes, aussi il se réclame de l’exécutif unitaire aux pouvoirs quasi illimités. Également, il veut limiter les pouvoirs de l’administration fédérale pour soumettre les grandes agences, tout comme il voit les contre-pouvoirs comme des opposants à neutraliser plutôt de contre-pouvoirs constitutionnels. Dans ce cas, le principe fondamental de la séparation des pouvoirs, qui garantit la sauvegarde des principes de la démocratie et la protection des droits individuels et protège contre la tyrannie, n’est pas respecté. Depuis septembre 2025, les États-Unis traversent une période de fracture interne oscillant entre mise à mal de la liberté d’expression (garantie par le premier amendement de la Constitution des États-Unis) et menaces physiques et judiciaires à l’encontre de minorités et des opposants. Il est important de noter que cette liberté d’expression est d’autant plus menacée sous ce second mandat de Trump par les mensonges éhontés de la Maison Blanche. Ces mensonges sont utilisés comme un tsunami d’incertitude quant à ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas. Hannah Arendt disait d’ailleurs « Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien ». Aux États-Unis, le résultat est que, par la méfiance envers les sources d’informations, l’opinion finit par se désintéresser, devient insensible et se lasse, ne s’engage plus et ne s’informe plus. De fait « un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion », et c’est à partir de là qu’un gouvernement peut faire ce qu’il lui plaît.
L’intensification de la violence et de la mise en place de la peur dans la démocratie sont visibles depuis le début du second mandat de Trump et sont particulièrement apparentes depuis janvier 2026. Les attaques répétées envers ses opposants politiques ou civils, la menace qui pèse sur la liberté d’expression, assorties de la diffusion en très forte hausse des fake news de la part de la Maison-Blanche, sont des marqueurs indélébiles d’une démocratie menacée, sous la contrainte des idées d’un homme. Les nombreuses attaques contre des élus démocrates, commanditées par Trump, sont une sérieuse menace à la stabilité de la démocratie. Cette violence démocratique et cette peur divisent la population, font vaciller les fondements de la démocratie et deviennent un témoin de la polarisation politique que connaît les États-Unis, fragmentant toujours un peu plus l’électorat.
Cette violence physique, verbale voire judiciaire attise la peur, elle instaure la crainte au sein des populations et des partis politiques. Elle s’illustre comme une menace pour la démocratie états-unienne, de plus en plus patibulaire. Concrètement, plusieurs exemples illustrent et mettent en lumière cette manipulation par la peur, la violence et la propagande à des fins politiques aux États-Unis. Ces méthodes sont utilisées par des acteurs politiques dans le but de mobiliser des électeurs et de justifier des politiques agressives. La ville de Minneapolis est, aujourd’hui, l’exemple le plus parlant de ces méthodes de manipulation, de peur, de violence et de propagande du gouvernement. Aussi, le soutien, presque sans concession, de la Maison Blanche face aux abus de pouvoir, aux violences de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) renforce cette stratégie centrale de peur perçue par les populations. L’ICE est, d’ailleurs, considérée par certains démocrates et civils plutôt comme une milice qu’une police. Pourquoi cet avis ? Les méthodes de recrutement de milliers de nouveaux agents issus des mouvements MAGA, souvent jeunes, qui répondent à des promesses sociales et qui obéissent au Président, de manière fanatique, sont galvanisés par la violence qui règne au sommet de l’État. Initialement, l’ICE avait été créée en 2003, en réponse aux attaques du 11 septembre 2001, dans une forme de police de l’immigration des plus légales. Aujourd’hui, il semblerait que cette police se livre à une véritable chasse à « l’autre » où tous les coups, mêmes illégaux, sont permis. Dans les faits, l’ICE est une agence gouvernementale qui a pour mission de freiner l’immigration illégale et d’assurer la sécurité nationale (Le Monde, 2026). Il lui est interdit d’arrêter des citoyens américains. Toutefois, les agents conduisent des arrestations en fonction de la race (accents, couleur de peau, emploi), il s’agit ici de profilage racial, que la Cour suprême rend légal en 2025 en évoquant la « suspicion raisonnable ». Dans cette idée, l’ICE agit légalement, en revanche, faire du « porte à porte » pour arrêter les immigrants illégaux, comme le suggère le Vice-Président JC Vance, est illégal (Discours du 7 janvier 2026, Fox News). En effet, pour se rendre sur une propriété privée aux États-Unis, il faut aux agents un mandat de perquisition signé par un juge (quatrième amendement de la Constitution). À ce jour du 23 janvier, le United States Department of Homeland Security (DHS) et l’ICE produisent en grande quantité des faux mandats de perquisition qui rendent leurs présences sur les terrains privées illégales. Il faut noter que tous les agents de l’ICE ne sont pas des trumpistes, masculinistes, fanatisés, mais que cette majorité entache la sécurité physique des minorités, voire en réalité de tous les Américains qui se dressent contre eux (Courrier international, 2026). Protégée par le mensonge, l’ICE forme un précédent historique dangereux.
Entre mensonges, menaces et protection
S’agit-il, ici, d’une justice pour la peur ? Pour Alexandria Ocasio-Cortez (femme politique démocrate), l’ICE devient une « force anti-civils » qui justifie la peur pour faire obéir (MeidasTouch, 2026). En réalité, selon la Constitution américaine, on « ne peut recourir à la force létale que si la personne représente un danger grave pour elle-même ou pour autrui, ou si elle a commis un crime violent ». Il n’en reste qu’à de nombreuses reprises, la Cour suprême a fait preuve d’une grande indulgence face à des agents impliqués dans des arrestations violentes voire meurtrières. Dans cette idée, en réponse aux manifestations au lendemain de l’assassinat de Renee Nicole, Trump a décidé d’envoyer les Marines. Ce déploiement est une première depuis 1965 dont l’objectif est clair ; effectuer des arrestations de citoyens américains sur le sol américain. Par cette action, il crée un précédent très redoutable. Mais le Minnesota n’est pas le seul « État cible » de Trump, la Californie et son gouverneur démocrate Gavin Newsom sont aussi ciblés par l’administration.
La peur et la violence transparaissent aussi par l’utilisation du terme de « terroristes domestiques » pour qualifier les victimes des arrestations mortelles de l’ICE par le gouvernement. Cette expression répond à la propagation de désinformations et renforce l’image d’une menace interne justifiant un pouvoir accumulé. Objectivement, ces violences et cette peur s’inscrivent dans la menace d’un retour du tribalisme politique. Le processus de division bipolaire de la société états-unienne progresse, et ce de manière irrévocable. Il s’intègre dans une normalisation de la violence qui met fin au débat constructif. La prise de parti contre les victimes de l’ICE de la secrétaire de la Maison-Blanche Karoline Levitt et de Kristi Noem, secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis et les mensonges de Trump, font basculer la démocratie. Il s’agit ici, de parler d’une démocratisation.
L’utilisation de la peur et de la violence devient un outil de propagande pour le parti de Trump, et une menace directe pour la démocratie américaine, qui manque d’oxygène. Ce qui attise la peur, c’est cette normalisation de la violence, de la peur et la propagande qui lui est faite, que cela soit sur les réseaux sociaux, des discours politiques, des articles ou par des privations de la liberté d’expression. Nombreux sont les citoyens états-uniens à s’être habitués à cette violence d’État. Cette normalisation, cette banalisation de la violence est extrêmement dangereuse pour la sécurité nationale et la démocratie aux États-Unis. La présence des forces armées dans les rues instaure un climat de peur, de crainte et terrorise les populations dans le Land of Freedom. En fait, selon Pedro Soriano, expert de la politique américaine, les États-Unis tendent à dévier vers une autocratie.
Concrètement, comment les forces armées envoyées dans les rues sont-elles devenues un moyen central pour faire régner l’ordre et faire planer la peur et la violence ?
Les forces armées de l’ICE utilisent et abusent de la force et de la violence pour agir. Dans cette idée, il n’est plus question de protéger la population mais de la terroriser et la maîtriser pour la faire obéir. L’assassinat de Renee Nicole illustre cette violence envers la population. Le ciblage racial de ces raids n’est pas une nouvelle puisqu’il s’inscrit dans la longue histoire du racisme aux États-Unis. En revanche, la mort d’une américaine blanche provoque un choc avec un message clair ; tous les citoyens peuvent être touchés par la violence d’État. En réalité, Renee Nicole est la cinquième victime de l’ICE tuée au cours d’une opération, mais il ne faut pas oublier les 32 victimes silencieuses mortes en détention en 2025, selon The Guardian. Le déploiement massif dans des grandes villes comme Chicago, Portland ou Los Angeles, toutes démocrates, de la Garde nationale tend à créer une atmosphère de loi martiale dans les rues. Les populations et les opposants politiques sont intimidés, justifiant, un État sécuritaire. Cette peur, aux dimensions politiques, a un impact au-delà du terme stricto-politico. Dans le Minnesota, la ville de Minneapolis est fermée depuis janvier 2026, afin de protéger ses écoles pour protéger les élèves des arrestations, des violences de l’ICE.
Les raids se multiplient dans tout l’espace public, dans les commerces, les rues, les transports, aux abords des écoles. Cette technique accentue d’autant plus la peur et la crainte mais aussi la division et la suspicion envers les « autres ». Ne pas savoir quand, où et pour quelle raison ces arrestations ont lieu, augmente les tensions et la peur. Il est important de comprendre la place que prend la propagande dans l’administration de Trump et de l’ampleur de celle-ci. Le DHS partage régulièrement sur les réseaux sociaux des montages vidéo d’arrestations violentes pour amplifier la croyance dans les dangers migratoires. Ces vidéos suscitent de nombreuses vagues de réactions négatives auprès des populations, néanmoins, le gouvernement se justifie en qualifiant ces vidéos de Banger meme engageants. Il s’agit, ici, de normaliser la violence par des trolls cruels, des parodies dépeignant les migrants comme une « invasion » d’étrangers, entremêlant humour noir et nostalgie patriotique pour fédérer les jeunes blancs.
Peur, violence et propagande deviennent des conséquences directes sur la polarisation politique et sur l’abattement politique que les États-Unis traversent. L’exemple des élections
mid-term qui vont se tenir en novembre 2026 sont, d’ores déjà présentées comme « poutiniennes », avec des risques de restructuration électorale. Ces actions ne s’inscrivent pas dans une logique démocratique, bien au contraire.
Tentatives de réactions civiles et politiques face aux dérives autoritaristes
Lors des Golden Globes 2026, de nombreuses stars ont arboré des pimps « Out ICE », « No ICE » en hommage aux victimes de l’ICE et de leur violence. Ce mouvement d’hommages soutient publiquement toutes les personnes qui ont peur, sont traumatisées et qui se sentent victimes. Il n’en reste que ces méthodes, ces craintes, ces peurs n’endiguent pas la colère et les réactions dans l’État fédéral états-unien. De nombreuses manifestations sont organisées et continuent d’avoir lieu à la suite de la mort de Renee Nicole, des arrestations violentes massives et des défilés nazis-cosplay de certains agents de l’ICE à l’image de Gregory Bovino. Il est le chef de la police aux frontières et dirige les opérations de l’ICE à Chicago. Justement, les tenues militaires, des agents sur-armés et encagoulés attisent une certaine peur dans les rues et forcent la confusion avec des soldats sur un terrain de guerre (Le Monde, 2026). Les controverses, toujours plus nombreuses, autour des méthodes utilisées par l’administration bouleversent jusqu’aux plus proches alliés de Trump. En effet, vendredi 16 janvier 2026, l’influenceur Joe Rogan, connu pour être l’un des plus proches collaborateurs médiatiques de la Maison-Blanche, comparait les méthodes de l’ICE à celles de la Gestapo (RFI, 2025).
La réaction populaire face aux actions violentes, voire meurtrières des agents de l’ICE, des mensonges du gouvernement et des appels à la dérive autoritaire, sont réprimées dans la violence et la peur par des agents armées eux-mêmes affolés par la situation. Des manifestants se rassemblent devant la Maison-Blanche pour s’opposer aux méthodes violentes de l’ICE et du DHS pour faire régner l’ordre du gouvernement (CNN, 2026). À Minneapolis, les populations s’organisent pour protéger les immigrants des arrestations par des concert de klaxons et des alertes sur les réseaux sociaux. Les manifestations sont pacifistes mais les mots ne sont pas moins tranchants « Fuck you Nazis everyday ! » (Les Nazis sont invités à aller voir ailleurs) (Info TV, 2026).
CONCLUSION
Finalement, la démocratie aux États-Unis existe encore mais toute la question demeure : pour combien de temps ? L’arrivée de Trump au pouvoir, accompagnée d’une extrême droite désireuse de mettre en place un régime autoritaire, menace la démocratie par cette stratégie véhémante. La normalisation de la violence d’État et de l’autoritarisme sont inquiétants et représentent une menace sérieuse pour la démocratie états-unienne. Néanmoins, la situation actuelle était prévisible depuis le premier mandat de Trump étant donné ses promesses électorales et ses mesures prises depuis 2016. Aujourd’hui, il s’agit de voir que la militarisation, la sécurisation, la surveillance et la criminalisation ne se cantonnent plus seulement à la frontière sud, mais elles se déplacent vers l’intérieur de l’État fédéral.Gérard Araud, ex-ambassadeur de France aux États-Unis et à l’ONU, estime que, en cas de défaite des élections de mi-mandat, Trump risquerait de se radicaliser. Dans une autre mesure, Aqqaluk Lyng, homme politique du Groenland à la retraite affirme dans The Wall Street Journal que « Pour nous (les groenlandais), les États-Unis sont aujourd’hui ce qu’était hier l’URSS ». Le glissement autoritaire vers lequel se dirigent à grand pas les États-Unis semble tout raser sur son passage et rendre les américains incapable de réagir.
Bibliographie
Articles de presse en ligne :
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- Colchester, M., Michaels, D. (2026). Pour les Groenlandais, “il n’y a plus d’amitié qui vaille”aveclesÉtats-Unis., Courrier international, https://www.courrierinternational.com/article/reportage-pour-les-groenlandais-il-n-y- a-plus-d-amitie-qui-vaille-avec-les-etats-unis_239232
- Combeau, D. (2020). LaviolenceauxÉtats-Unis, Storia Mundi, https://www.storiamundi.com/2/la-violence-aux-etats-unis
- Gagné, J-S. (2025). États-Unis : la violence politique en six chiffres, LeSoleil, https://www.lesoleil.com/monde/2025/09/20/etats-unis-la-violence-politique-en-six- chiffres-ZNR3YOCUMREKJFV7JIF2KUM5MM/
- Goldberg, M. (2026), En tuant Renee Nicole Good à Minneapolis, l’ICE a visé tous les Américains, Courrier international,https://www.courrierinternational.com/article/opinion-en-tuant-renee-nicole-good-a- minneapolis-l-ice-a-vise-tous-les-americains_239153
- Marlère, P. (2026). La brutalité décomplexée de Trump confirme que les démocraties peuventmourir, Le Nouvel Obs, https://www.nouvelobs.com/opinions/20260108.OBS111324/la-brutalite- decomplexee-de-trump-confirme-que-les-democraties-peuvent-mourir.html
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- (2026). Donald Trump en chef d’orchestre du monde à la une de la presse internationale, Courrier international, https://www.courrierinternational.com/diaporama/diaporama- donald-trump-en-chef-d-orchestre-du-monde-a-la-une-de-la-presse- internationale_239174
- (2026). États-Unis : un influenceur proche de Trump compare les méthodes de l’ICE à celles de la Gestapo, RFI. https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20260116-etats-unis- influenceur-joe-rogan-proche-de-trump-compare-les-m%C3%A9thodes-ice-%C3%A0- gestapo-minneapolis-good
Vidéographie :
- Boniface, P., Sciora, R. (2026). Trump : la démocratie en danger | Les mardis de l’IRIS,
- IRIS, https://www.iris-france.org/trump-la-democratie-en-danger-les-mardis-de-liris/
- Gressani, G. (2026). Groenland : l’Europe peut-elle faire plier Trump ?, FranceTV, https://www.france.tv/france-5/c-ce-soir/saison-6/8056749-trump-groenland-l-heure- de-verite-pour-l-europe.html

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