Article de Scarpaleggia Alessandro publié dans le 36e numéro du Coup d’Oeil de l’AMRI.
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Dans quelle mesure les multinationales et le projet Masela en Indonésie menacent la biodiversité du Triangle de Corail, tout en reconfigurant les équilibres économiques, géopolitiques et sociaux, dans un espace extrêmement  fragile?

Un écosystème mondial en danger : biodiversité, dépendances humaines et enjeux climatique 

Le Triangle de corail s’étend sur une zone couvrant environ 6 millions de km², depuis les Philippines jusqu’à la Malaisie, en passant par le Timor oriental, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et les Îles Salomon. Cet environnement naturel abrite plus de 76 % des coraux mondiaux, menacés depuis de nombreuses années par le changement climatique, mais aussi par les grandes multinationales et les compagnies pétrolières qui émettent chaque jour des gaz à effet de serre, mettant ainsi en danger le Triangle. 

Considéré comme le jardin de la mer, il représente une zone biologique et s’impose comme le centre de la biodiversité aquatique mondiale. Il est considéré comme la zone marine la plus diversifiée au monde, avec environ 600 espèces différentes de récifs coralliens et le plus grand nombre de poissons au monde.

     Source : WWF/Panda – 2024

Les multinationales s’intéressent principalement aux matières premières présentes dans ces zones. Shell et ExxonMobil ne sont que quelques-unes des nombreuses entreprises qui opèrent dans le bassin de Makassar, dans les eaux malaisiennes et indonésiennes, avec des projets visant à extraire du gaz naturel et du pétrole, polluant ainsi l’environnement et mettant en danger les coraux.

Le Triangle de corail est considéré comme un lieu sacré par les communautés locales, qui nourrit chaque année plus de 120 millions de personnes dans différentes régions grâce à la pêche et surtout au tourisme. Cette question se heurte à la dimension géopolitique, car elle est devenue ces dernières années un véritable champ de bataille. 

D’un côté, certains gouvernements cherchent à renforcer leur indépendance énergétique vis-à-vis d’autres pays, grâce à divers projets qui exploitent les ressources naturelles pour accroître leur économie et leur stabilité.

De l’autre, de nombreuses organisations à but non lucratif et ONG internationales telles que Greenpeace et WWF luttent et dénoncent le fait que ces entreprises continuent d’avoir un impact dévastateur en termes de pollution, qui se répercute ensuite sur les « diamants de la mer ». Le siècle dans lequel nous vivons nous confronte à de nombreux enjeux tels que la croissance économique, la sécurité énergétique et alimentaire et la durabilité environnementale. Autant de problématiques couvertes par le triangle du corail, devenant ainsi, le centre névralgique des dynamiques régionales. 

Ce thème est très important pour les relations internationales et inter-sociales contemporaines, car il met en avant différents acteurs. Il se trouve dans l’une des zones les plus stratégiques au monde, tant d’un point de vue environnemental et économique que politique. Plusieurs pays du monde font partie de ce triangle et sont soutenus par des institutions internationales telles que l’ONU, l’Union européenne et l’Initiative du Triangle de corail sur les récifs coralliens, créée en 2009 et représentant les six pays d’Asie du Sud-Est et du Pacifique. Le but est de protéger la biodiversité marine et les coraux situés à l’intérieur du triangle et garantir la sécurité alimentaire de toutes les populations qui dépendent de la pêche.

Cela a donné naissance à la célèbre diplomatie bleue, qui considère la gestion des océans comme un outil de dialogue et de concurrence. En effet, dans une région aussi riche en ressources, il n’est pas rare qu’un État cherche à les exploiter pour son propre compte, alors que la diplomatie bleue vise à coopérer pour une gestion durable des océans et des ressources qu’ils renferment, ainsi que pour la sécurité maritime, en luttant contre la pêche illégale et la piraterie.

Comme le montre la carte proposée par David Souter dans son article Status of Coral Reefs of the World, 26,7 % des récifs coralliens mondiaux se trouvent dans l’océan Pacifique et leur superficie ne cesse d’augmenter. Cela laisse donc penser que le triangle de corail est considéré comme une immense ressource qui doit en même temps être protégée de toute menace, car sa disparition pourrait avoir de graves conséquences sur l’ensemble de la planète. D’un point de vue inter-social, le Triangle de corail est un écosystème fondamental pour les communautés côtières qui dépendent économiquement à la fois de la pêche et du tourisme, mais qui, malheureusement, subissent chaque année de graves dommages dus à la pollution et au changement climatique.

Dans l’article de Coral Triangle Initiative, M. Agung Kuswandono, vice-ministre chargé de la coordination des ressources naturelles et des services du ministère de la Coordination des affaires maritimes de la République d’Indonésie, a déclaré : « nécessité d’un partenariat multilatéral pour travailler ensemble à la sauvegarde des ressources marines et côtières et pour traiter les questions de sécurité alimentaire, de changement climatique et de biodiversité marine ». 

Exploitation énergétique et le Projet Masela 

La destruction des coraux pourrait compromettre la sécurité alimentaire, avec des conséquences sur les aliments que nous consommons, les coraux constituent une source non négligeable de nourriture pour les poissons. De plus, l’augmentation des températures et l’acidification des océans entraînent de plus en plus de conflits locaux pour les ressources. Le Triangle de corail fait également partie de l’agenda 2030 des Nations unies.

Ce programme est un plan d’action soutenu par les Nations unies, signé en 2015, qui vise à promouvoir le développement durable dans différents domaines, tels que l’économie, l’environnement et le social, à travers 17 objectifs de développement durable à atteindre d’ici 2030. Cet agenda comprend plusieurs points qui touchent au thème de la mer et de la vie dans les océans. Les objectifs 13, 14 et 15 visent le changement climatique, la prévention et la protection de la vie sur terre et sous l’eau.

Le Triangle de Corail, en plus d’être un lieu spectaculaire et riche en ressources précieuses, est menacé chaque année par plusieurs entreprises internationales. Le cas de Shell en Indonésie, par exemple,  l’entreprise cherche à exploiter les ressources présentes dans la zone du Triangle de Corail.

La compagnie pétrolière, née en 1907 de la fusion entre la société britannique Shell Transport et la société néerlandaise Royal Dutch Petroleum Company, est l’une des plus grandes compagnies pétrolières au monde. Elle est présente dans plus de 70 pays, avec des intérêts particuliers dans les énergies fossiles industrielles, mettant en danger la vie au sein de l’écosystème marin, essentiel pour la sécurité alimentaire et le climat.

La société a rejoint le projet Masela Gas en 2011, aux côtés de la société japonaise INPEX, en acquérant 35 % des parts, tandis que 65 % sont gérés par la société japonaise, toutes deux opérant au cœur du Triangle de corail. Le Masela Gas Project est un projet visant à développer l’extraction et la liquéfaction du gaz naturel situé dans l’est de l’Indonésie. Ce projet se trouve à quelques kilomètres seulement des coraux et risque de causer de graves dommages à ces précieuses ressources.

Masela est critiqué par des ONG locales et internationales telles que Greenpeace pour les dommages irréparables causés aux coraux tropicaux par les émissions de GES et les déversements d’eau contaminée dans la zone du triangle, qui affectent à la fois les poissons et les coraux, et donc la pêche et le tourisme. Le poisson n’est plus sûr à consommer en raison de sa contamination, ce qui augmente le risque pour la sécurité alimentaire et la crise de la pêche.

Ce projet est soutenu par le gouvernement indonésien, car il est considéré comme un outil stratégique qui permettrait au pays de se développer sur le plan énergétique, tout en créant des emplois. En revanche, les ONG et les communautés locales qui vivent du tourisme critiquent et dénoncent les destructions, la pollution des zones de pêche et le non-respect des droits environnementaux. Comme le montre la carte, le mégaprojet Masela est situé dans le bassin de la mer d’Arafura, dans la province de Maluku (Indonésie orientale).

Le projet se trouve dans les eaux où se trouvent les coraux, ce qui en fait une menace majeure pour l’écosystème. Le gisement principal, appelé Abadi Gas Field, est estimé à environ 10 000 milliards  de pieds cubes de gaz. L’objectif du projet est de produire environ 9 millions de tonnes de gaz par an, ce qui équivaut à environ 35 000 barils de gaz liquéfié par jour. Ces chiffres impressionnants alertent à la fois les différentes communautés locales et les ONG qui se battent avant qu’il ne soit trop tard, mais avec le soutien du gouvernement indonésien, les chances de l’arrêter sont très minces.

Le projet est en cours de développement depuis plusieurs années et des modifications ont été apportées, notamment l’introduction de la technologie de capture et de stockage du carbone (CCS: Carbon Capture and Storage), qui permet de capturer le CO2 produit lors de l’extraction et du traitement du gaz naturel, de le comprimer et de le rejeter sous terre, plutôt que dans l’atmosphère, afin de réduire leur empreinte environnementale.

Depuis 2022, les quotations et les sociétés ont changé au sein du projet, avec environ 65 % détenus par Inpex Corporation, 20 % par Pertamina Hulu Energie et 15 % par Petronas Masela Sdn. Ces deux dernières sociétés sont reconnues comme les plus grandes entreprises publiques, qui possèdent de nombreux gisements de pétrole, déversant des eaux contaminées directement sur les coraux, critiquées pour leurs nombreux accidents pétroliers et leurs politiques non durables.

Enfin, nous avons les communautés locales qui ne sont jamais mises au centre des discussions sur les projets, alors qu’elles sont en réalité les premières à en subir les conséquences, notamment d’un point de vue environnemental et social. Par exemple, l’expansion industrielle pourrait entraîner l’expropriation de plusieurs terres côtières pour la construction des infrastructures nécessaires à la production de gaz, obligeant les familles à déménager. En outre, les dommages économiques sont importants, car tous les revenus de ce projet iraient dans les poches des investisseurs et du gouvernement indonésien, à l’exclusion des communautés.

La situation du projet évolue chaque année. Dès 2023, des investissements d’environ 20 milliards de dollars ont été annoncés pour le faire avancer et des sources plus récentes affirment qu’en 2024, plusieurs entreprises ont manifesté leur soutien à la réalisation de Masela, comme Fulgro entreprise, qui a obtenu un contrat important pour mener des études géophysiques dans le cadre du projet Abadi.

Selon l’article publié sur le site web de Fugro entreprise, ils affichent leur  soutien à ce projet en déclarant : « Nous sommes heureux de soutenir une fois de plus INPEX, une entreprise qui comprend la valeur apportée par notre expertise en matière de données géologiques, particulièrement utile pour le développement du projet Abadi LNG, où la résolution des défis techniques, notamment la stabilité des pentes, la sismicité régionale, les failles sous-marines et les sédiments carbonatés, nécessitera une approche collaborative et éclairée », selon les mots du PDG Mark Heine, démontrant ainsi leur profonde confiance dans ce projet et leur volonté de contribuer à la sécurité énergétique de la région.

Plus tard, en 2025, la société INPEX, qui détient la plus grande part du capital parmi les différentes sociétés, a déclaré que le projet était en phase de fin de construction et que cette phase concernait la définition de l’ingénierie de base pour les structures terrestres, le système sous-marin et l’installation offshore. Il est prévu que la production commence et que le projet soit officiellement lancé vers 2029, mais selon des sources du ministère indonésien, la première cargaison est prévue pour 2030. Le projet viserait l’extraction de gaz liquéfié et une carte élaborée par INPEX analyse étape par étape la manière dont le projet serait mis en œuvre.

La carte montre l’ensemble du cycle d’extraction, de traitement et d’expédition du gaz naturel, à commencer par l’extraction sous-marine. Le gaz naturel frais est extrait à une profondeur de 600/800 mètres à l’aide de systèmes sous-marins qui le remontent à la surface. Vient ensuite la phase de production et de stabilisation offshore. Lorsque le gaz arrive à la surface, les navires FPSO le réceptionnent et le soumettent à différents types de traitement afin de séparer les liquides condensés, qui sont ensuite chargés sur des navires équipés de citernes spécialisées.

La phase suivante est celle du transport, une phase très délicate car le gaz prétraité est transporté jusqu’à terre par des conduites sous-marines qui traversent les fonds marins. Une fois le gaz arrivé à terre, il est traité par l’usine OLNG (Onshore Liquified Natural Gas Plant) qui effectue différentes étapes, telles que la réception du gaz sec provenant du navire FPSO(Floating Production Storage and Offloading Unit), via les conduites sous-marines, et sa purification, en éliminant toutes les impuretés et l’excès de CO2. 

Le gaz est ensuite refroidi de manière intensive pour être transformé en gaz naturel liquéfié (GNL), ce qui réduit son volume et le rend ainsi plus efficace pour le transport maritime. Il est alors prêt à être expédié. Une fois que le GNL est produit en toute sécurité et que son empreinte carbone est atténuée, il est chargé sur des navires-citernes pour être vendu et exporté vers les marchés mondiaux.

Il s’agit de l’étape la plus dangereuse d’un point de vue environnemental, car le gaz transporté par les citernes est toxique pour l’environnement et les coraux. En effet, les opérations de chargement et de déchargement, mais aussi de transport, peuvent libérer des rejets chimiques susceptibles d’endommager et d’intoxiquer les organismes marins, tels que les coraux. Mais les autres phases ne sont pas en reste, car pour extraire le gaz du fond marin, il faut retirer ou creuser le fond, ce qui endommage et détruit potentiellement les récifs coralliens ou les habitats naturels. De plus, ces gaz pourraient non seulement endommager, mais aussi acidifier les océans en cas de déversements accidentels, ce qui entraverait la capacité des coraux à construire leurs squelettes carbonatés, entraînant ainsi leur mort. 

Ces processus sont très délicats et un petit incident suffirait à causer des dommages irréversibles aux coraux, les endommageant voire les tuant. C’est pourquoi on espère un changement dans les années à venir, mais les scénarios possibles sont variés et la biodiversité marine est en danger. Il est certain que les acteurs internationaux doivent s’occuper de ces questions dès maintenant car le changement climatique et la surproduction de gaz à effet de serre qui menacent les océans et la faune marine ne cessent de s’aggraver. L’ONU, l’Union européenne et même la Banque mondiale devraient agir dans l’intérêt de ces nations qui vivent autour de barrières de corail d’une valeur inestimable, en les protégeant contre les futurs projets qui ne garantissent pas leur sécurité.

Les choix politiques et sociaux futurs du gouvernement indonésien et des investisseurs privés et publics détermineront si cet énorme projet sera réellement mis en œuvre. Si tout se passe comme prévu et qu’aucun acteur international ne met des bâtons dans les roues de la société INDEX, le premier scénario sera celui d’un mégaprojet qui visera à être réalisé dans les plus brefs délais et qui aura surtout un impact tellement négatif sur l’environnement que l’on pourrait presque parler d’« effondrement écologique ».

Perspectives future et Gouvernance des océans

Comme évoqué précédemment, le projet devrait être achevé d’ici 2029-2030, avec la finalisation de toutes les installations principales et l’augmentation du trafic maritime et des chantiers navals. En réalité, la réalisation totale d’ici 2030 est quelque peu utopique, car on estime que le projet sera achevé en 2033, mais pour y parvenir, le projet Masela sera développé à plein régime, ce qui augmentera la pollution atmosphérique. En 2035, il y aura une diminution de la pêche locale et le début de conflits pour la distribution, car avec la réduction de la pêche, de nombreuses entreprises et travailleurs se retrouveront sans emploi et voudront eux aussi participer à ce projet. Le déclin de la pêche et du tourisme s’accentuera impliquant des conséquences très graves sur la vie des populations locales.

Enfin, d’ici 2050, on estime qu’une grande partie de la diversité marine sera perdue, avec des dommages irréversibles dans des zones critiques et des répercussions économiques bien plus importantes, notamment sur le tourisme, qui représente aujourd’hui une part importante des revenus de la population locale. L’impact touchera principalement les travailleurs de la classe moyenne qui, grâce à la pêche et au tourisme, en font un véritable métier. Si l’on continue dans cette voie, l’instabilité économique et sociale s’accentuera, avec la perte de services écosystémiques tels que la protection des côtes et la perte de crédibilité des investisseurs internationaux, ce qui générera une réputation négative.

Cela pourrait être décrit comme le pire scénario d’ici 2050, mais il en existe plusieurs, car l’avenir est tout sauf certain. Une autre vision pourrait être celle d’un équilibre fragile entre gouvernances mixtes et atténuations partielles, c’est-à-dire que la production du projet augmente, mais s’accompagne en même temps de mesures strictes, telles que les zones marines protégées, mais aussi d’investissements continus dans le captage et le stockage du carbone, une technologie sophistiquée qui capture le CO2 émis par les activités industrielles et le stocke sous terre, évitant ainsi les dommages atmosphériques, dans le but de rendre tout cela plus durable.

Après la réalisation du projet, les effets seront ceux de la mise en œuvre de mesures durables pour protéger l’océan d’ici 2035, grâce peut-être aussi à des investissements provenant d’organismes non gouvernementaux et d’acteurs internationaux. D’ici 2045, il y aura une stabilisation au niveau régional, mais malheureusement, protéger seulement certaines zones marines comme les coraux ne suffit pas.

En 2050, pour voir si le projet a fonctionné, il faudra analyser les différentes zones protégées, la quantité de CO2 économisée et séquestrée par les CCS (Carbon and Capture and Storage) , les investissements nationaux et internationaux et enfin les accords commerciaux conclus. Selon cette deuxième option, des dommages environnementaux pourraient tout de même survenir, mais ils ne seraient pas considérés comme excessifs. Il faudra toutefois tolérer le projet au quotidien pour éviter toute régression.

Au cours de ces dernières années, plusieurs acteurs internationaux se sont davantage impliqués dans des projets qui considèrent le changement climatique comme une menace et ont décidé d’investir dans des plans et des infrastructures aussi durables que possible.

Le ministère des Affaires étrangères indonésien, en collaboration avec des organisations non gouvernementales et plusieurs entreprises de soutien, a élaboré différentes plateformes, dont l’une est destinée à gérer la protection des zones marines par le Comité national pour la gestion collaborative des zones marines. Cette initiative, baptisée « Vision 2045 », a pour objectif de protéger au moins 30 % des eaux indonésiennes, soit environ 100 millions d’hectares, d’ici 2045.

Ce plan vise à garantir la protection d’énormes zones de biodiversité, à promouvoir une pêche durable et à lutter contre le changement climatique. Selon des sources du Coral Triangle Centre, le directeur général du centre, Rili Djohani, a déclaré : « L’Indonésie va non seulement étendre la couverture de la protection marine, mais aussi améliorer la gestion des zones à fort impact qui profite à la biodiversité et au bien-être des communautés côtières ». Ces propos montrent que l’Indonésie cherche également à protéger ces zones magnifiques et que les futurs projets n’auront pas d’impact négatif sur la communauté locale. De plus, en fournissant 10 millions d’hectares supplémentaires, l’OECM (Other Effective area-based Conservation Measures) permettrait la création de nouvelles zones protégées, valorisant ainsi les initiatives locales et les prenant davantage en considération.

Ces promesses ou, en tout cas, ces plans de programmation doivent être tenus et mis en œuvre, car les beautés naturelles que nous offre l’océan sont menacées. Si le projet se déroule comme prévu et que l’augmentation de la production de gaz entraîne une pollution accrue et un risque de disparition des coraux, nous devrons alors nous préparer aux conséquences, car les coraux sont une espèce qui permet de nourrir les poissons et s’ils venaient à disparaître, il serait de plus en plus difficile pour eux de survivre. Cela entraînerait à son tour la disparition de certaines espèces de poissons qui pourraient être infectées par les gaz absorbés par l’océan, rendant la nourriture potentiellement mortelle.

Ainsi, une fois que les coraux auront disparu et que les poissons ne pourront plus se nourrir ou, s’ils y parviennent, seront infectés, ce qui aura alors un impact sur les activités professionnelles telles que les pêcheries, car les poissons infectés ne peuvent être vendus, car cela mettrait en danger la sécurité alimentaire des familles à table. Après la pêche, le tourisme serait également touché, car ces lieux tels que le triangle de corail, les espèces de poissons rares ou la biodiversité de cet endroit ne seraient plus considérés comme des zones à fort intérêt touristique et rapporteraient moins d’argent au gouvernement et à la communauté locale.

Tout cela pourrait se produire dans le pire des cas, mais ce n’est pas si irréel, c’est même bien réel, car les données indiquent que les coraux sont en déclin en raison du changement climatique qui s’accentue chaque année à cause des gaz rejetés dans l’atmosphère. Enfin, on ne sait pas si ce projet sera réalisé et quels effets il aura sur le triangle des coraux, mais il pourrait aussi s’avérer être un projet stratégique. Dans le projet Masela, un événement improbable se produit, à savoir un événement qui modifie les priorités du marché. Les responsables du projet décident d’investir totalement dans des sources renouvelables à zéro émission, garantissant ainsi la réussite du projet et la sécurité maritime, peut-être même en déplaçant l’extraction de gaz en dehors des eaux où se trouve le triangle de corail, lui permettant ainsi de vivre sans aucun risque.

Malheureusement, tous les scénarios sont hypothétiques, car personne ne sait comment les choses vont se passer, mais il est certain qu’à l’heure actuelle, il est beaucoup plus probable que les choix politiques nationaux et la décision des investisseurs soient de poursuivre l’extraction de gaz et de mettre fin au projet Masela le plus rapidement possible, augmentant ainsi la production et s’imposant comme leader énergétique sur les marchés nationaux et internationaux.

Bibliographie

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