Introduction de Louise Lecomte publiée dans le 37e numéro du Coup d’œil de l’AMRI.
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©ALIREZA SOTAKBAR/AP/SIPA.

Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont déclenché un conflit majeur au Moyen-Orient, à travers une attaque de missiles coordonnée contre l’Iran. Lors de ces diverses frappes, l’ayatollah Ali Khamenei, Guide Suprême iranien depuis 1989, a été assassiné. Ce tournant historique a bouleversé le régime des mollahs, ainsi que les Iraniens et Iraniennes. D’un point de vue national, on assiste à un changement politique de grave ampleur. D’un point de vue international, Donald Trump vient de faire basculer le monde dans « une nouvelle guerre » ​(France Info, 2026). En effet, ses ambitions pour la région provoquent une instabilité et une violence inouïe à l’égard des civils. 

Depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, la région est en proie à une montée des violences et à l’insécurité. En effet, le conflit israélo-palestinien a déséquilibré les relations entre les pays du Golfe, et a indirectement posé le contexte du conflit actuel. L’implication du régime des mollahs a démontré une menace grandissante, notamment sur le sujet du nucléaire. Dans cette lignée, depuis sa réélection en 2024, Donald Trump a souhaité renforcer sa présence au Moyen-Orient, tout particulièrement à travers son alliance avec l’État Hébreu. Le président américain a rapidement considéré l’Iran comme une menace sécuritaire et mène désormais sa propre guerre contre ce pays.

Actuellement, de nombreux pays se retrouvent impliqués dans ce conflit. D’une part, la France est appelée à soutenir les actions du président américain dans la région. Pour rappel, les soldats français de l’opération Chammal [1] sont toujours sur le sol Irakien. Ainsi, les soldats français sont pris pour cible par les milices locales chiites, proches de l’Iran, et ce depuis le début des hostilités. Dans la nuit du 12 au 13 mars, l’adjudant-chef du 7e bataillon des chasseurs Alpins de Varces, Arnaud Frion a été victime d’une attaque de drone dans le Kurdistan Irakien. L’attaque a également blessé plusieurs soldats français sur la base de Mala. D’autre part, les pays du Golfe [2] sont également victimes d’attaques de missiles et drones. En parallèle des attaques directes, les capitales de la région reçoivent des débris de missiles provoquant des explosions massives et par conséquent la destruction de nombreux bâtiments. Récemment et à titre d’exemple, l’Arabie Saoudite a intercepté 61 drones dans la nuit du 15 au 16 mars (Cherica, 2026), provoquant des tensions au sein du trafic aérien de la région. Enfin, le Liban se retrouve de nouveau dans la tourmente (Khoury Helou, 2026) entre Israël et le Hezbollah [3]. Ce dernier, allié de l’Iran, a lancé des missiles sur l’État israélien, qui a riposté en retour. Le pays est aujourd’hui redevenu un théâtre d’affrontement, aggravant ses difficultés économiques, sociales et politiques déjà omniprésentes.

À ce jour, il est difficile d’anticiper l’évolution du conflit. Donald Trump bouscule le Moyen-Orient, et particulièrement les populations civiles. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, plus de 100 000 Iraniens ont quitté Téhéran « dans les deux jours ayant suivi les premières frappes » (ONU Info, 2026). Selon l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, 700 000 habitants ont été déplacés à travers le Liban le 10 mars 2026 (UNHCR, 2026). Les ambitions du président américain dépassent le conflit en tant que tel. Les conséquences s’aggravent chaque jour et il devient urgent de subvenir aux besoins des civils. Suite à son entretien avec l’ambassadeur Iranien auprès des Nations Unies, António Guterres a déclaré, le 3 mars dernier, avoir exprimé son espoir d’une « fin rapide du conflit et d’un retour au dialogue dans l’intérêt de la stabilité régionale » (ONU Info, 2026).

[1] L’Opération Chammal a été lancée le 19 septembre 2014 par la France dans le but de soutenir les forces irakiennes engagées dans la lutte contre Daech. 600 militaires français ont été déployés et intégrés à la Coalition internationale. Cette dernière tente de permettre aux autorités locales d’assurer la sécurité de l’Irak par elles-mêmes. Depuis 2022, les forces de la Coalition ne conduisent plus d’opérations militaires au sol. (Ministère des Armées, 2023)

[2] Les pays du Golfe sont l’Arabie Saoudite, le Bahreïn, les Émirats Arabes Unis, le Koweït, le Qatar et Oman. 

[3] Le Hezbollah est un mouvement armé et un parti islamiste chiite, signifiant « Parti de Dieu ». 

Bibliographie

Article scientifique 

Khoury Helou, F. (2026, 17 mars). Le Liban de nouveau dans la tourmente de la guerre Israël-Hezbollah. IRIS. https://www.iris-france.org/le-liban-de-nouveau-dans-la-tourmente-de-la-guerre-israel-hezbollah/

Articles de presse 

Cherica, X. (2026, 16 mars). Moyen-Orient : Trump discute avec l’Iran, drones et missiles dans les pays du Golfe, les évènements de la nuit. La Provence. https://www.laprovence.com/article/france-monde/90140209364194/moyen-orient-trump-discute-avec-liran-drones-et-missiles-dans-les-pays-du-golfe-les-evenements-de-la-nuit

Guerre au Moyen-Orient : un conflit qui déborde de toute part. (2026, 5 mars). ONU Info. https://news.un.org/fr/story/2026/03/1158511

Molinié, W. (2026, 13 mars). Guerre au Moyen-Orient : la France et son armée prises pour cible. Europe 1. https://www.europe1.fr/international/guerre-au-moyen-orient-la-france-et-son-armee-prises-pour-cible-912550

Sources institutionnelles

Opération Chammal. (2023, décembre) Ministère des Armées. https://www.defense.gouv.fr/operations/proche-moyen-orient/operations-militaires-au-proche-moyen-orient/operation-chammal

Près de 700 000 personnes déplacées en une semaine à travers le Liban alors que la crise s’aggrave. (2026, 10 mars). UNHCR. https://www.unhcr.org/fr-fr/actualites/points-de-presse/pres-de-700-000-personnes-deplacees-en-une-semaine-travers-le-liban

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